Fantastico, il n'y a pas d'autres mots. Rarement un film arrive aussi bien à nous prendre par la main pour ne plus la lacher, au point même de la serrer à nous faire peur. C'est le coup de force qu'à réussi
Juan Antonio Bayona (et son scénariste Sergio G. Sanchez) avec le film
L'Orphelinat, présenté hier à la semaine de la critique.
Oui, on se doute qu'il s'agit d'un bâtiment étrange qui abrite un sombre secret concernant des enfants qui y sont passé. Son générique avec du papier-peint arraché donne le ton: il y aura des violons, des orages, des grincements... Simon est un petit garçon qui a des amis invisibles imaginaires, il leur parle même. Ses parents ne s'en inquiètent pas plus que ça jusqu'au jour sa mère se rend compte qu'il verrait peut-être réellement d'autres enfants invisibles...
Bientôt des petites choses se retrouvent cachées pour un jeu de piste, les retrouver permet de prononcer un voeu. Puis c'est la catastrophe: Simon a disparu! Que sait le petit Simon sur ses origines? Qui est la vieille femme qui se prétend assistante sociale? Que peut faire une médium?
Peu à peu le spectateur est emmené entre réalité et hallucination, à lui de démêler le vrai de l'imaginaire. Tout se met en place pour qu'on partage la peur de L'orphelinat. C'est une folle histoire d'amour avec une mère face à la disparition de son enfant et en même temps un formidable conte fantastique avec des enfants qui n'ont jamais grandi...
On ne doit pas révéler le fin mot de l'histoire, mais retenez qu'il vous faudra ne pas manquer ce film.
L'orphelinat avec son final effroyablement tragique tout en étant en même temps magique et poétique a fait se lever la salle debout pour acclamer l'équipe du film, dont les actrices
Belen Rueda (
Mar Adentro) et
Géraldine Chaplin. Hasard de la programmation cannoise, ailleurs on fêtait le 60ème anniversaire du Festival de Cannes avec le film collectif de courts-métrages
Chacun Son Cinéma.
Le grand oublié de l'année dernière
Guillermo Del Toro avec
Le Labyrinthe De Pan est le producteur de
L'Orphelinat, et ce film ressemble vraiment beaucoup à son univers au point qu'on dirait presque qu'il en est l'auteur.
Guillermo Del Toro était à la fête ce soir puisque ce film qu'il a produit a provoqué une grosse standing ovation.
Guillermo Del Toro a même fait monté sur ses épaules le réalisateur
Juan Antonio Bayona pour qu'il soit encore plus applaudi. C'est indubitablement un des premiers films du Festival qui met tout le monde d'accord, il y a comme un petit air de chef d'oeuvre.
Christophe Maulavé
(Cannes, le 21 mai 2007)