Dans une production japonaise qui pendant des années se répartit entre films en costumes ou historiques et sujets contemporains, le film
Chambara, ou film de samouraï, est un genre roi, avant d’être victime du déclin global de la production, de l’arrivée de la télévision et d’une remise en question des valeurs qui avaient construit le genre. Dès les années 1920, le genre du
Chambara, à l’intérieur du
Jidai-Geki, est florissant. Il doit beaucoup à quelques metteurs en scène célébrés comme Ito Daisuke, Makino Masahiro puis son fils Shozo, Itami Mansaku, et une grande vedette, Okochi Denjiro. Dans les films de
Chambara, les scènes d’action sont attendues du public. Leur dynamisme est époustouflant, filmé souvent de loin pour permettre de contempler le développement de la chorégraphie martiale. Le héros, volontiers solitaire, est assailli par une nuée de sabreurs, auquel il parvient à échapper soit par une course effrénée où tombent un à un ses adversaires, soit par une utilisation remarquable des décors où les sabreurs traversent les minces cloisons dans des corps à corps sanglants. Les films sont déjà très noirs, parfois nihilistes, comme
Le Journal De Voyage De Chuji(Ito Daisuke, 1927), mais le pessimisme est souvent lié à la seule personnalité du héros quand, dans les années 1950-1960, il deviendra social et politique.