Au départ,
Hénaut Président était une série de 70 films courts, diffusés sur Paris Première pendant les quatre mois qui ont précédé le scrutin du 6 mai 2007. Tandis que la vraie campagne battait son plein, chaque jour les spectateurs pouvaient suivre les affres d’une autre campagne imaginaire, celle du candidat Hénaut tombé dans les griffes d’une agence de communication peu recommandable. Le réel et l’imaginaire entraient en résonnance, et
Hénaut Président révélait par l’absurde le dérisoire de la politique-spectacle. La série, louée par la critique, est devenue culte. Au point que trois ans plus tard, Bryan Cranston (
Breaking Bad ) a produit et endossé le rôle du candidat dans un remake qui a été diffusé aux États-Unis sur Comedy Central (
The Handlers dans lequel Pierre Hénaut est devenu
Jack Power). En effet, la satire de la communication en politique vaut tout aussi bien des deux côtés de l’Atlantique : en France comme ailleurs, l’image fait l’homme politique et cela prête à rire. Au lendemain de la diffusion du dernier épisode sur Paris-Première,
Michel Muller et ses comparses en écriture,
Antoine Benguigui et David Elkaïm, se sont donné rendez-vous en 2012. Le temps d’un mandat présidentiel, Pierre Hénaut allait se lancer dans une nouvelle campagne, mais autrement : pour un long-métrage. Pierre Hénaut est maintenant ancré dans le Limousin et il est maire d’ une petite ville imaginaire, Saint-Nicolas de Noblat, la ville du jouet en bois. L’histoire a été pensée comme un road- movie : on suit l’équipe de campagne à la façon d’ un groupe de rock en tournée. Thierry Giovanni est incarné par
Olivier Gourmet, nouveau venu sur la planète Hénaut, Alexandre son neveu, personnage de candide créé pour le film, par
Robinson Stévenin, et les communicants travaillant sous les ordres de Thierry, par les acteurs de la série :
Olivier Charasson,
Noémie De Lattre et
Fred Scotlande — une équipe fonctionnant comme une troupe de théâtre et avec qui
Michel Muller voulait poursuivre l’aventure.