Imaginez. Vous vous réveillez avec un mal de crâne atroce accompagné d’une douleur physique profonde. En titubant vers votre salon, vous découvrez un DVD sur lequel est inscrit « Fuck You ». Vous le regardez pour comprendre que vous avez été empoisonné. Attention, pas par n’importe quel poison. Celui qui circule actuellement dans vos veines vous oblige à maintenir un niveau d’adrénaline surélevé. Si votre cœur ralentit, une violente crise cardiaque vous tuera. Le but du jeu est de réussir à maintenir votre rythme cardiaque au maximum pour retarder une mort imminente. C’est ce qui arrive à Chev Chelios, tueur à gages de Los Angeles. Il n’a que quelques heures pour trouver le coupable, un certain Verona…
« On voulait faire un film où un type ne cesse de bouger, bouger, bouger tout le temps. Comme dans Speed, sauf qu’à la place du car, il s’agit d’un type. S’il ralentit, il explose », déclare l’un des deux réalisateurs.
Brian Taylor et
Mark Neveldine, tous deux issus de la publicité, réussissent haut la main leur pari : offrir au public une œuvre déjantée qui fonce à 200 km/h du début jusqu’à la fin. Le spectateur immerge dès les premières secondes dans un univers explosif, suivant le héros dans ses tribulations rocambolesques. Lorsque Chev passe la porte de chez lui, le rythme décolle, les battements de cœur s’accélèrent pour atteindre une intensité qui diminuera sensiblement vers la moitié du long-métrage.
Hyper Tension porte bien son nom : cocaïne, boissons énergétiques, substance pharmaceutique pour chevaux, sexe… tout est bon pour conserver un taux d’adrénaline surélevé. On se demande donc comment, avec ce mélange détonant d’excitants, le film perd de sa superbe au milieu. A ce stade, les effets s’essoufflent, la vitesse ralentit. Le spectateur est tellement habitué à s’en prendre plein la tronche que cette fissure rythmique casse l’effet de montée.
Heureusement, la maîtrise de l’ensemble nous réconcilie avec ce divertissement atypique. D’abord les effets visuels pullulent, on se retrouve rapidement embarqué dans une spirale électrique jouissive. La réalisation déborde d’idées originales, avec par exemple une vue subjective d’un gangster latino où les sous-titres inversés apparaissent au bas de l’écran. Quant au montage, il semble avoir été réalisé sous ecstasy. Ensuite,
Jason Statham nous offre une prestation tonique qui renvoie Bruce Willis au cimetière des anciennes gloires des films d’action. L’acteur anglais est sans conteste devenu le nouveau patron de ce genre de cinéma.
Hyper Tension s’inscrit d’ailleurs dans cette catégorie cinématographique tangible. Mais on se demande parfois si les réalisateurs ne nous ont pas délivré une comédie, tant l’humour - parfois cynique, tantôt ironique, toujours ascétique - des situations débilement géniales et des dialogues désopilants, crève l’écran. A noter enfin une bande son déchaînée qui accompagne le héros jusqu’au final planant.
Drogue sur pellicule et porté par un
Jason Statham au sommet de sa forme,
Hyper Tension ravira les personnes qui iront voir le film pour se divertir. Une grosse dose d’adrénaline de 1h28. Pourquoi se priver ?
Alain Martino