Est-il vrai qu'à l'origine du projet, il y a une chanson ?
En 99 le groupe 113 a sorti « Tonton du bled », un single qui a été un très gros succès. Ce morceau racontait avec humour l'histoire d'un jeune qui doit retourner en Algérie pour les vacances. Mais il n'a pas envie de quitter sa cité, d'aller dans un pays où tout est bancal, où il sait qu'il va se faire gratter ses fringues par des cousins, ne rien comprendre à l'argot local, etc. Il y va quand même et, au bout du compte, il parle de finir ses jours là-bas… On a tous connu cette expérience. J'ai rencontré le 113 pour qu'on essaye d'élaborer ensemble un projet autour de cette idée. Je pensais faire un film qui allait s'appeler « Tonton du bled ». Mais j'ai vite réalisé qu'avec cette matière, il y avait de quoi écrire une chronique, pas une histoire. Or je ne voulais pas refaire « Le Ciel, les oiseaux et… ta mère », cinq ans après.
Gilles Laurent, mon co-scénariste m'a alors proposé d'opposer Yacine qui refuse de retourner au bled, à Johnny qui rêve d'y partir. Nous avons contraint le malheureux Yacine à s'embarquer contre son gré avec sa famille et tant qu'à faire, pour bien l'enfoncer nous avons fait s'embarquer clandestinement Johnny dans ses bagages. Un emmerdeur (de classe internationale !) qui va lui pourrir la vie, mais qui finalement lui fera ouvrir les yeux sur l'amour qu'il porte à sa famille et ses racines.