Pour son premier passage derrière la caméra, l'écrivain
Philippe Claudel avait réussi le pari d'émouvoir le public sans tomber dans le pathos ou le voyeurisme… Car son film est triste et beau à la fois, dur et pourtant d'une douceur et d'une délicatesse infinie. Alors, à l'image du long-métrage, les menus sont sobres et épurés, sans fioriture. D'autant qu'avec ces images nettes et sans bavures, ces couleurs pastels et ce somptueux travail de la lumière qui fait de la plupart des scènes un tableau, le passage du film sur DVD s'est fait sans fausse note. Rien à signaler non plus concernant la bande-son, les musiques de
Jean-louis Aubert et les dialogues se complétant à merveille sans empiéter l'un sur l'autre.
En revanche, on regrette l'absence des deux actrices,
Elsa Zylberstein et
Kristin Scott-thomas dans les suppléments… On nous propose à la place six scènes coupées qui tenaient
Philippe Claudel très à cœur– un moyen de nous les faire partager, même s'il sait, comme il l'explique dans les commentaires, qu'elles n'avaient pas leur place dans le film.
A voir également une longue, très longue interview de l'écrivain devenu scénariste puis cinéaste, pour mieux le connaître et comprendre l'enjeu de son film. Dommage que cette heure d'entretien passionnant par les explications du réalisateur soit présentée sous forme de plan séquence d'une heure, seulement ponctué de bancs-titres qui chapitrent l'entretien. Un montage un peu plus dynamique, ou de la musique aurait sans doute ajouté au charme du supplément… Mais encore une fois, le réalisateur est passionnant, et revient à la fois sur son travail, le film, les personnages, les actrices, mais également sur sa vision du cinéma, l'accès à la culture, le piège du pathos ou encore sur la musique d'Aubert qu'il qualifie d'"
impressionniste"... Un très beau DVD donc, pour un très beau film.
Aurélie Vautrin