Le moins que l’on puisse dire, c’est que les Français, en matière de cinéma d’horreur, laissent un peu à désirer… Si l’on met de côté Alexandre Aja et… et qui d’ailleurs ? le cinéma fantastique à la française n’a pas souvent l’occasion de nous faire frémir de terreur. Si bien que lorsqu’un film fantastique estampillé "France" s’installe sur les écrans, on a quand même les choquottes – non pas d’avoir peur justement, mais de voir le résultat.
On ne le cachera pas, c’est avec un brin d’appréhension que l’on s’installe dans la salle pour faire plus ample connaissance avec "Eux". Et plus le film se déroule, plus on regrette de s’être assis parce qu’on sait déjà qu’on ne va pas dormir de la nuit, qu’on est bon pour se lever dix fois pour vérifier si la porte est bien fermée et que l’on s’excuse d’avance parce que le voisin va garder quelques jours les traces d’ongles enfoncés dans son bras... Et oui, ce
Ils, avec son titre intriguant mais dérangeant, réussit plutôt bien son pari.
Certes,
Ils sent le premier long-métrage à plein nez, et joue avec les codes du film d’horreur sans arriver à les détourner. La main qui surgit à la fenêtre, la course poursuite dans les bâches en plastique, les phares en plein visage, la télé qui s’allume et le téléphone qui ne fonctionne pas... Et pourtant… Ca marche. Passé un superbe prologue,
Ils s’essouffle un peu, accumule quelques lenteurs et plans inutiles, mais l’ensemble tient la route, grâce notamment au regard terrifié de la belle
Olivia Bonamy…Quelques ratages également côté mise en scène, car
Xavier Palud et
David Moreau ont utilisé des techniques de tournage audacieuses mais pas toujours judicieuses - à trop filmer caméra à l’épaule, on finit par juste avoir envie d’une aspirine…
Au final, pas beaucoup de sang mais pas mal d’angoisse pour un long-métrage qui fait peur en filmant approximativement les feuilles des arbres… Et un essai plutôt convaincant pour les deux réalisateurs, et qui donne envie de voir la suite. Parce que finalement, le plus terrible, reste le fait que ce film soit inspiré d’une histoire vraie…
Aurélie Maulard