Paradoxalement, pour un film traitant de l’obsession, de la passion et de l’infini des possibles, INNOCENTS semble être le fruit du hasard, d’une certaine méfiance initiale et d’une approche créatrice singulière.
Bernardo Bertolucci découvrit le roman de
Gilbert Adair «The Holy Innocents» alors qu’il s’interrogeait sérieusement sur son prochain film : ce récit intimiste d’un ménage à trois, situé pendant les émeutes de Mai 68 à Paris, éveilla en lui des sentiments contradictoires. Francophile de cœur, cet italien né à Parme se sentait trop proche de cette période de turbulences et craignait, en la transposant au cinéma, d’offrir une image réductrice de son propre vécu et de celui des autres.