Bernard Stora
Notre rencontre est forte avec Bernard parce qu’il aime faire de moi une femme que je ne suis pas. Or, une actrice est toujours tentée par les rôles de composition. J’ai, par exemple, une grande admiration pour Simone Signoret qui n’a jamais hésité à prendre des risques. Souvenez-vous de sa composition extraordinaire dans Les Diaboliques de Clouzot… Plus récemment, j’ai vu le film américain Doute dans lequel Meryl Streep incarne une sœur qui dirige une institution religieuse. Sa performance est éblouissante. Mais jouer de tels rôles comporte une part de danger car le public ne vous suit pas toujours. Il accepte mal notamment que vous deveniez une perdante, il vous voit en héroïne. Dans le cas d’Isabelle disparue, j’interprète Jeanne d’Orval, un personnage pour le moins éloigné de la Folle Amanda que j’ai jouée au théâtre et qui me ressemblait tellement ! Mais je ne vous en dis pas plus…. préparation Isabelle Disparue est un cadeau. Mais il m’a sincèrement demandé beaucoup de travail. Les dialogues sont écrits dans le style XVIIIe. Un langage magnifique, certes, mais aux tournures de phrases, ô combien difficiles à mémoriser. Elles ne viennent pas en soufflant dessus ! Or, avec Bernard, vous êtes au mot près. Lorsque nous avions tourné ensemble Suzie Berton, j’avais pu changer quelques expressions. Mais là, impossible de modifier quoi que ce soit ! J’ai douté, mais Bernard savait que je pourrais interpréter sa musique. Au final, c’est un honneur pour moi de servir le texte d’un homme d’une telle érudition.