J’ai pris un verre avec Kad Merad !

J’ai pris un verre avec Kad Merad !
A 42 ans, Kad l’humoriste réalise son rêve de minot en devenant Kad Merad l’acteur. Alors, le rencontrer, c’est un peu mon César à moi, et j’ai envie de le dédier à tous ceux qui aiment se marrer pour n’importe quoi... (01/03/07)

Résumé du film J’ai pris un verre avec Kad Merad !

Digne descendant des Nuls ou autres Inconnus, Kad l’humoriste déjanté a conquis le public depuis longtemps. A quarante-deux ans, il réalise enfin son rêve de minot en devenant Kad Merad l’acteur. Cerise sur le gâteau déjà bien crémeux, il vient de remporter le César du meilleur second rôle pour sa performance dans Je Vais Bien, Ne T'En Fais Pas de Philippe Lioret. En père désabusé, il arrache autant de larmes qu’il nous provoquait, il y a peu, des fous rires. Fidèle à lui-même, le maestro de l’humour nous a servi un discours de remerciement décalé, avec une ode à Ornella Mutti et une interprétation sulfureuse d’ I believe I can fly !
Rencontrer Kad, c’est un peu mon César à moi et j’ai envie de le dédier à tous ceux qui aiment se marrer pour n’importe quoi. Quand j’aperçois notre homme, ça me fait un peu l’effet de revoir un vieux pote. Dès le début, il me met très à l’aise « Tu vas bien ? Tu veux un petit verre de rosé ? ». J’accepte, ce n’est pas tous les jours qu’on peut boire du bon vin en discutant avec une de ses références en matière d’humour.

Félicitations pour le César ! Alors quel effet ça fait ? Vous êtes un homme changé maintenant ?
…Euh… Oui, un petit peu. Bah oui, ça va changer pendant un an je pense… Comme Miss France quoi. Je suis un peu Miss France en ce moment tu vois ! (rires)
Il y a ce côté « distingué, montré du doigt ». C’est quelque chose qui ne m’arrivait pas jusqu’à présent donc je suis content. C’est très étrange…

Vous le prenez comment ? Ça ne va pas vous monter à la tête ?!
Ah non ! Je le prends vraiment comme il est venu, c’est un vrai petit plaisir de la vie ! Et puis c’est marrant à vivre, c’est rigolo.

On se sent fort quand on a un César entre les mains ?
On se sent… Super bizarre en fait ! C’est étonnant. Je ne pensais vraiment pas l’avoir, tu vois ? Pourquoi je te tutoie en fait ? C’est parce que t’es jeune… Je vais te vouvoyer ! C’est plus correct, non ?

Ah non ! Le « tu » ne me dérange pas du tout. Je peux te dire « tu » alors aussi ? (rires) Ah bah oui si je te tutoie !

Grande révélation ! On a appris que tu voulais avoir le César pour, je cite : « Toucher les gougouttes de… »
…De Catherine Deneuve ! (rires) C’est quand j’étais petit ça !

Et Ornella Mutti ?
Quand j’étais petit, j’étais amoureux d’elle ! Mais vraiment… J’adorais cette gonzesse. Je la trouvais belle, séduisante… Je la trouvais whaou !

Et le gamin de 10 ans qui a écrit ce discours, tu aimerais lui dire quoi aujourd’hui ?
En fait j’aurais surtout envie de dire aux jeunes que c’est possible ! Il suffit d’y aller. Je ne suis pas un exemple unique… Je pense que tous les rêves sont réalisables. Il y a un chemin quand même à faire. Moi j’ai cru que ça allait arriver plus vite quand même, que je serais plus vite un acteur. J’ai commencé à être acteur il n’y a pas si longtemps que ça, et j’ai eu la chance d’enchainer deux trois trucs qui font que je me retrouve là. J’ai aussi eu la chance de rencontrer Olivier avec qui j’ai beaucoup travaillé. Avant qu’on nous appelle, on s’est nous-mêmes mis en scène. Si tu connais notre histoire, tu sais… Pamela Rose, même les sketches à Comédie et tout, c’est nous. Je veux dire que personne n’était venu nous chercher.

Comme les Robins des bois qui ont le même parcours avec Comédie…
Les Robins, c’est pareil… Je tourne avec Jean-paul Rouve en ce moment. Tous les jours, on se dit : « Mais tu te rends compte qu’on est là ? ». On a tout fait pour ça, on n’a pas attendu derrière notre téléphone.
Dis moi, il est bon ce rosé alors ?

Très bon ! (rires) Fort sympathique ce petit rosé !
Pour en revenir à Je Vais Bien, Ne T'En Fais Pas, ça t’a aidé d’être toi-même père pour jouer ce rôle ?

Oui. Je pense qu’il y a vraiment une vie avant et une vie après la paternité. Moi, j’ai attendu quarante ans pour être père… Je pense qu’avoir un enfant ça aide. Avant d’être père, on ne peut pas imaginer ce que c’est. Tout le monde me le disait avant mais je n’y croyais pas. Ca prend une place immense dans ta vie, donc forcément, quand j’ai dû jouer le rôle d’un père de famille, j’y ai pensé bien sur. J’étais plus… Plus près du rôle, c’est sûr !

Comment as-tu abordé ce personnage de père désabusé ?
Très simplement. Quand tu as un scénario aussi bien écrit, tu as déjà tout. J’ai pensé à des gens que je connais et comme j’ai grandi dans ce milieu-là, ce n’est pas compliqué ! C’est censé se passer à Draveil, Savigny… Donc je me suis juste souvenu de ma vie, de mon enfance dans un pavillon ressemblant fortement à celui du film. Ce bonhomme, ça pourrait être mon père ou mon grand frère qui est toujours en banlieue et travaille dans les assurances. Il a le même genre de travail, de rythme de vie. Donc je n’ai pas eu besoin de me prendre la tête, je me suis fondu dans le décor que je connaissais.
Tu viens d’où toi, de la banlieue aussi ?

Oui aussi… Du 91. (Essonne, ndlr)
Moi aussi, je viens de Ris-Orangis. Donc Evry et tout ce coin-là, tu vois bien de quoi je parle. Pendant vingt ans, j’ai vécu là-bas. Quand on m’a proposé ce film, j’ai eu l’impression que c’était pour moi. Après ce qui a été le plus difficile pour moi, c’est de ne pas rire, de ne pas sourire. Philippe Lioret me disait : « Tout doit être à l’intérieur de toi, je veux que ce personnage vive tout en lui. On doit le ressentir ». Après c’est un travail d’acteur, c’est mon travail !

On a beaucoup d’exemples d’humoristes qui flirtent avec le drame comme Bernard Campan, Benoît Poelvoorde, Jean-paul Rouve… Tu penses que savoir faire rire c’est un plus pour émouvoir ?
Oui ! Regarde Bourvil… Ou même Jerry Lewis ! C’est un clown, mais moi il m’a fait pleurer dans Docteur Jerry Et Mister Love. Il y a pleins de comiques comme ça, qui peuvent être très émouvants. Ce sont des extrêmes. Un clown c’est triste…
J’ai travaillé mon personnage. Je voulais être à la hauteur de ce qu’on attendait de moi, que je sois un comique ou pas c’est pareil. Imaginons que je ne sois pas un comique, est-ce qu’on remarquerait autant mon travail ? C’est ça la question… Est-ce qu’on a voté pour moi parce que j’étais un comique, ou parce que j’étais un acteur qui a fait un travail d’acteur ?

Oui, cette « volte-face » suscite de la curiosité, mais comique ou pas ça ne change rien à la qualité d’interprétation.
C’est vrai que c’est marrant de voir un comique un peu fragilisé. Il te fait marrer et là tu le vois tout « fragilou ». Tu te dis « C’est bizarre de le voir comme ça, il ne nous fait pas rire, il est différent ».

Est-ce qu’il y a un type de personnage que tu aimerais jouer… Ou un rôle précis ?
Antoine De Caunes va faire un film sur Coluche… Bon, je sais que ce n’est pas moi, mais j’aurais adoré jouer ce mec. Je pense que j’aurais pu faire quelque chose avec ce personnage. Je ne lui ressemble pas physiquement. Mais on peut mettre des ceintures avec des rembourrages ! Vraiment, j’aurais bien aimé faire ça…

Est-ce que tu as un mot pour ton ex-mari Olivier avec qui tu tournes en ce moment ?
J’ai toujours un petit mot pour Olivier… En ce moment il me fait bien chier sur le tournage ! (rires) J’ai envie de lui dire qu’il va vraiment faire un beau film, qu’il s’en sort très bien et que c’est un bon réalisateur !

Il y a une relève aujourd’hui pour Kad et Olivier ?
Ah oui ! Il y a beaucoup de mecs biens. J’ai vu, il n’y a pas longtemps, des mecs que j’aime bien… Ils sont sur Canal + , « Action Discrète » tu connais ou pas ? Très, très drôle…

Vous êtes, euh non TU es… Ah ! Je m’y perds…
Ah ! Tu m’as vouvoyé là !

Non j’ai « voustu » ! (rires)
Oui tu m’as voutoyé. (rires) C’est dans le film de De Funès ça, « Comment vas vouasse ? », il n’arrive pas à tutoyer !

Justement, De Funès c’est un modèle pour toi ? C’est quoi ton « De Funès » préféré ?
Oui ! C’est un exemple de grand comique ! De funès lui n’a jamais vraiment fait de drame, c’est ça qui est marrant. Je crois qu’il n’a jamais voulu en fait…
Alors mes « De Funès » préférés… Il y en a plusieurs ! Il y a Le Grand Restaurant, toute la première partie avant qu’il ne parte sur les routes… Il y a aussi Le Corniaud, Le Chef D’orchestre, Hibernatus qui est juste exceptionnel. Mais tous les De Funès en fait. Même quand le film est pourri, il reste exceptionnel. C’était vraiment un génie, un génie absolu ! On n’en aura pas beaucoup à mon avis.

Un petit mot pour les internautes ?
Les internautes ? Qu’est ce que c’est que ça ?! (rires) Ça me fait penser un peu à astronaute. Un petit mot ? …Euh… Kiwi… bus ! (rires) Ce sont des petits mots ça. C’était dans le kamoulox : « Un petit mot pour se quitter : Bus ! ».

Pour finir, “do you believe you can fly” ?
Ah oui ! “I believe I can fly” ! Je crois que je peux voler, je crois que je peux TOUCHER les nuages ! Pas mal hein ? (rires)

C’est clair, pas mal du tout ! Merci pour le rosé Kad et pour ce petit moment que je ne suis pas prête d’oublier…

Propos recueillis par Florence Rochat (Paris – Février 2007)

Les avis sur le film J’ai pris un verre avec Kad Merad !

 
 
     

    Avis des Spectateurs

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