Après Brian De Palma qui découvre
youtube, après Jaume Balaguero qui s’amuse avec sa HD, faites place à
Joseph Morder qui utilise son téléphone portable ! Vous l’aurez compris, utiliser les nouvelles technologies, c’est très
trendy chez les cinéastes d’aujourd’hui. Et comme pour
Redacted et
Rec, c’est d’abord la curiosité qui nous a poussé à aller voir ce
futur cinéma. Mais voilà, alors que De Palma et Balaguero nous ont enchanté, Morder nous a… assommé.
Pourtant, spectateurs dociles, on se laisse volontiers transformer en cobaye du cinéma.
Joseph Morder souhaite nous initier à une nouvelle façon de fabriquer des images ? Ok. Avec un téléphone portable ? Ok. Sur son quotidien ? Pas ok. Car
on applaudit l’idée de l’appropriation d’un objet du quotidien permettant à tout un chacun de réaliser son propre film et de se questionner sur la « vérité » filmée. Mais on se demande pourquoi (mais pourquoi ?), avoir choisit un réalisateur de 60 ans, non familier de l’objet. Certes, après quelques essais, le nouveau consommateur de la téléphonie mobile semble maîtriser son jouet. Bras tendus, il joue avec la lumière, avec les plans, avec sa mobilité. Mais
Joseph Morder reste
Joseph Morder, un cinéaste travaillant sur son journal intime filmé débuté en 1967 ( !).
Muni de son Nokia dernier cri, il nous entraîne dans son intimité le temps d’un printemps.
On le suit docilement mais peu à peu, le désintérêt s’installe inexorablement. Si on passe outre la forme (images tremblantes, pixellisation, son métallique) on ne peut s’empêcher de trouver le fond… totalement dénué d’intérêt.
Pour son côté expérimental,
J’aimerais partager le printemps… vaut tout de même un petit coup d’œil mais on vous aura prévenu, l’intimité de
Joseph Morder n’a rien de très palpitant…
Mathilde Grosjean