On se surprend parfois à avoir envie d’une histoire d’amour toute simple : un homme, une femme, quelques tracas et un happy end. Juste ça. Remercions donc
Michel Leclerc pour son
J’invente Rien, petit concentré de sucre glace.
Prenons rendez-vous avec Paul et Mathilde, couple trentenaire bobo un peu tordu, un peu perdu, mais complètement mordu. Paul aime Mathilde, qui aime Paul qui est paumé, ce qui agace Mathilde… Bref, un joyeux bazar. Je vous vois venir : «
Encore une énième histoire d’amour contrarié doublée de la sempiternelle crise de la trentaine ». Oui et non. Certes, malgré des efforts pour s’éloigner des sentiers battus, le film n’évite pas les clichés de la comédie romantique ; certes, on retrouve les « doutes » humains cinématographiques incontournables (bébé, boulot, engagement)… Cependant, pour son premier long-métrage, Leclerc parvient à insuffler un brin de folie à cette histoire somme toute vieille comme le monde. Cette réussite est sans aucun doute à accorder au soin amoureusement apporté à une photographie et une bande son particulièrement appliquées et à un humour savamment distillé.
Ainsi, malgré quelques maladresses - notamment des seconds rôles inégaux - on assiste à des morceaux de tendresse et de poésie simple : souvenirs en super 8, Géo Trouvetou en jupon, étonnante séquence chantée, … On se surprend d’autant plus à sourire que le couple Zylberstein/Merad était si peu évident sur le papier. Et pourtant, l’alchimie fonctionne, en grande partie grâce à un
Kad Merad qui ne cesse de montrer l’étendue de son talent et de séduire par sa sensibilité. Alors oui, c’est du déjà vu. Mais avouez qu’il n’y a pas de mal à vouloir que l’histoire se finisse bien… sans prétention.
Eléonore Guerra