Des jeunes attachées de presse du CID, en passant par les badauds incultes (mais quand même très intéressés par le potentiel de stars que pouvaient abriter les fameuses voitures noires officielles), ou les midinettes surexcitées, sans oublier les journalistes déjà sur les starting blocks pour décrocher un autographe, en salle de conférence de presse…
… Tout ce petit monde, un brin canaille, attendait avec impatience le passage du prometteur et pourtant déjà habitué des blockbusters américains, le bien nommé Josh Hartnett-le-Craquant. Venu en compagnie du non moins séduisant
Aaron Eckhart (
Conversation(s) Avec Une Femme), du papa du célèbre roman
Le Dahlia Noir, James Ellroy et du réalisateur du film,
Brian De Palma,
Josh Hartnett, semblait rester de marbre face à la surexcitation ambiante.
Mais en conférence de presse comme sur le tapis rouge, son calme légendaire ne l’empêchait pas de jeter des regards de curiosité en direction des journalistes fébriles et des fans agglutinés autour des barrières qui longent l’entrée principale du CID. Il faut dire que pour Mr Ice (le surnom de son personnage dans
Le Dahlia Noir), c’était son premier baptême du feu sur les planches de Deauville.
La grande absente du jour était bien sûr la très glamour
Scarlett Johansson, qui ne semblait pas réellement absente du cœur de son amoureux transi, notre ami Josh, qui s’embarrassa un peu dans sa réponse à un journaliste qui lui demandait comment s’était passé son travail avec l’intéressée :
« Sur le plateau, Scarlett apporte une véritable fraîcheur de jeu. Très instinctive, elle reste par-dessus tout, ouverte à tout ce qui l’entoure. Son énergie est véritablement stimulante sur le plateau et permet de créer des accidents heureux. » Ouh, l’amoureux ! Mais ce n’est pas
Aaron Eckhart qui le contredira :
« En plus d’être vraiment très belle, tout semble facile pour Scarlett. Et sa joie d’être avec nous sur le plateau est vraiment communicative ! »
En fin d’après-midi,
Le Dahlia Noir est présenté aux festivaliers. L’attente a été longue. La météo est tropicale.
« Il fait chaud, non ? » est sur toutes les lèvres, de celles d’
Emmanuelle Béart en passant par celles du simple festivalier, agglutiné aux autres sous la tente blanche où la projection du film ne lui est pas garantie tant le nombre des invitations est important aujourd’hui.
James Ellroy dédie ce film à sa mère assassinée dans des circonstances toujours méconnues, dans les années 1950.
Brian De Palma est ému et attend avec impatience la réaction du public. Celle-ci est unanime, deux heures plus tard avec une belle standing ovation.
Et nous ne sommes pas les seuls dans la salle à être admiratifs du cinéma américain. En témoignent les exclamations enthousiastes d’un
Claude Lelouch croisé un peu plus tard dans la rue :
« Cette Hilary Swank, quelle actrice ! ». Ou bien l’interrogation de
Guillaume Canet, un des membres du jury que nous croisons au Normandy et qui fraîchement arrivé n’a pas pu voir
Le Dahlia Noir:
« alors, c’était comment ? »
Emmanuelle Béart, venue présenter
Un Crime de
Manuel Pradal, décrit le travail de son partenaire
Harvey Keitel avec non moins d’admiration :
« En fait, Harvey, utilise la méthode de l’Actor Studio en se focalisant sur chaque détail de la mise en scène. La manière de tenir un verre, par exemple. Il cherche à structurer la scène mentalement et ensuite, il détruit tout. Il se déstabilise et me déstabilise, et cela devient passionnant. »
Décidément, le cinéma américain nous fait tous rêver ici à Deauville, et dans le train du retour à Paris, ce n’est pas mes voisins de wagon qui portent encore leur badge de festivaliers autour du cou, qui me contrediront…
Laetitia Heurteau - © Photos Mireille Ampilhac
(Deauville, 4 septembre 2006)
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