J’ai fait la connaissance de Ramon Barnils (1940-2001), journaliste catalan, à Barcelone au début des années 90. cet homme cultivé, défenseur acharné du journalisme critique, lecteur insatiable, fumeur militant et bavard infatigable à l’ironie décapante, a dirigé le journal de la cnt solidaritat obrera. derrière la plupart des choses qu’il disait, on découvrait souvent les empreintes d’une époque que beaucoup avaient oubliée ou dont certains ne voulaient pas se souvenir. parler des années de la république, dans un pays où les vestiges du franquisme étaient encore très présents, avait rapidement suscité chez moi une vive curiosité.