A l’instar de nombreux autres films,
Jugez-moi coupable joue la carte de l’authenticité en brandissant l’étiquette « inspiré d’une histoire vraie ». Certes, Jackie Dee a bien existé et le procès d’assises dont il a fait l’objet est effectivement le plus long de l’histoire judiciaire américaine, mais beaucoup d’éléments ont été romancés, à commencer par le personnage principal incarné par
Vin Diesel. L’acteur est, soit dit en passant, méconnaissable. Il a troqué ses marcels et son crâne rasé de bad boy contre une touffe de cheveux grise, une jambe estropiée, un rire niais et des costards dissimulant à peine ses poignées d’amour.
Jackie Dee est le seul à assurer sa propre défense dans ce procès collectif réunissant une dizaine de mafiosos hauts en couleur, accompagnés par autant d’avocats. Si le jury commence à rire de lui parce qu’il ignore les bienséances, il va rapidement se laisser séduire par la sincérité de cet homme et par son humour dévastateur.
Jugez-moi coupable réunit tous les ingrédients d’une comédie efficace avec au menu, des personnages bien trempés, des situations cocasses et des répliques qui n’oublient jamais d’être drôles. En revanche, le surplus de bons sentiments nuit à la crédibilité du film. En effet, Jackie se lie d’amitié avec le juge Finestein et les gangsters passent pour de doux agneaux à côté du procureur acharné qui leur mène la vie dure.
La bande originale jazzy vient accentuer la légèreté de ce long-métrage porté par
Vin Diesel dont le visage est traversé par mille et une expressions pendant 120 minutes de pur divertissement.
Gwendoline Jamesse