Le cinéaste anglais
Ken Loach retrouve pour ce nouveau long-métrage son scénariste
Paul Laverty (MY NAME IS JOE et SWEET SIXTEEN), sa productrice
Rebecca O’brien (SWEET SIXTEEN), son directeur de la photographie Barry Ackroyd et son chef décorateur attitré
Martin Johnson (décédé le 9 octobre 2003)…Si JUST A KISS reste fidèle à la finesse et la retenue que l’on connaît de Loach et de son équipe, ce nouveau long-métrage aborde un univers social nouveau chez le cinéaste, celui de la petite bourgeoisie. Loin des banlieues pauvres de SWEET SIXTEEN, JUST A KISS prend place dans un quartier aisé de Glasgow, où se côtoient plusieurs communautés et religions.
Deux événements historiques sont à l’origine du scénario : le 15 août 1947 (le Royaume-Uni se retire des Indes) et les attentats du 11 septembre 2001. L’histoire, on ne peut plus classique, est celle d’un jeune homme d’origine pakistanaise, Casim, que ses parents veulent marier à une femme du pays, dans la plus stricte tradition musulmane. Mais celui-ci tombe amoureux d’une belle blonde irlandaise et catholique, Roisin… Si l’histoire semble vue et revue,
Ken Loach choisit un angle d’attaque nouveau. Délaissant le ton de la comédie souvent choisi pour ce type de scénario, il axe son film sur la dimension dramatique d’une telle situation, situant les obstacles tant au niveau familial que professionnel ou politique. Autre choix judicieux du cinéaste, celui de ne pas cantonner le problème des mariages mixtes à la famille de Casim, et de l’élargir à toutes les religions – ici aux catholiques avec les soucis rencontrés par le personnage de Roisin.
Ken Loach a donc cette force de traiter d’un sujet d’actualité, sur une histoire des plus convenues, sans jamais tomber dans le cliché ou le déjà-vu. L’authenticité et la vérité de ses acteurs, débutants pour la plupart, y sont pour beaucoup dans le réalisme et la crédibilité du film.
Loin, très loin des "MARIAGE A LA GRECQUE" et autres "MARIAGE MIXTE", loin aussi des drames socioprofessionnels que le cinéaste a pu signé auparavant, de LAND AND FREEDOM à THE NAVIGATORS, JUST A KISS est une œuvre singulière, émouvante… et tout simplement réussie.
Amélie Chauvet