Kandahar

Kandahar

Un film de , avec Niloufar Pazira, Hassan Tantaï et Sadou Teymouri.
Genre : Drame - Durée : 1H25 mn
Sortie en salles le 24 Octobre 2001 - en VOD/DVD le 04 Septembre 2002
Spectateurs

Résumé du film

Un film de avec Niloufar Pazira, Hassan Tantaï et Sadou Teymouri.

En Compétition Officielle au 54eme Festival International Du Film De Cannes


SYNOPSIS :

Nafas est une jeune journaliste afghane, réfugiée au Canada. Elle reçoit une lettre désespérée de sa petite sœur, restée là-bas, qui a décidé de mettre fin à ses jours avant la toute prochaine éclipse du soleil. Nafas avait fui son pays pendant la guerre civile des talibans.
Elle décide de partir au secours de sa sœur à Kandahar, et tente de franchir la frontière irano-afghane…


L’AVIS DE LA REDACTION :

Une femme afghane, exilée au Canada, s’en revient au pays natal pour sauver sa jeune sœur, qui menace de se suicider à la prochaine éclipse… Telles sont, du moins, les indications du synopsis, car délaisse très vite ce sujet, qui relève du fait divers, pour lui donner une toute autre dimension, politique celle-là : celle d’une plongée au royaume de l’obscurantisme. De Kandahar, ville-martyre, cité de tous les interdits, abandonnée à l’infamie des " turbans noirs ", on ne verra rien, pas une image… Rayée depuis trop longtemps des mémoires de la civilisation, elle représente l’ailleurs, l’autre monde, un no man’s land dominé par la peur. Ce que le réalisateur nous montre, en revanche, c’est une interminable traversée du désert, au sens propre comme au figuré. Et au bout du désert… un autre désert, bien plus pernicieux encore, puisqu’il est celui des hommes. KANDAHAR prend ainsi la forme d’un carnet de route, un long cheminement vers nulle part, qui sert de prétexte pour dresser un portrait ambulant de l’Afghanistan où, d’errance en rencontres insolites, on croise, à chaque nouvelle escale, les fantômes d’un pays sans visage. Des enfants livrés à la misère, qui n’ont d’autre salut que l’endoctrinement coranique. Des cohortes d’éclopés unijambistes, victimes des champs de mines, qui trouvent auprès de la Croix Rouge une bien maigre consolation. Des femmes, surtout, réduites au silence, à la soumission, le regard figé derrière leurs prisons de tissu grillagé, d’où l’on n’entrevoit que des fragments de ciel, des fragments de liberté…

A l’issue de ce voyage semé d’embûches, Nafas parviendra-t-elle enfin à destination ? Cela, le film ne le dit pas. Hésitant constamment entre fiction imagée et regard documentaire, use et abuse du symbole. Mais comment le lui reprocher ? Bien sûr, il manque peut-être à KANDAHAR la poésie subversive d’un Abbas Kiarostami, mais le message n’en est pas moins immanent. Sans misérabilisme exacerbé, tout en épure, Makhmalbaf laisse tout simplement parler les images. De belles images tristement poétiques, à l’instar de ce cortège de femmes enrubannées de tchadris multicolores qui s’avancent au milieu du désert… De ce point de vue, KANDAHAR résonne comme un chant d’espoir, une ode à la liberté, dont on sort terriblement révolté et désespérément impuissant. Rien qu’on ne sache déjà de la situation afghane, mais dans le contexte de désinformation actuel, il est des choses qu’il est parfois bon de répéter. On aurait certes pu souhaiter, sur ce sujet brûlant, un brûlot sans concession. On se contentera ici d’un bouleversant plaidoyer. Bien avant les évènements du 11 septembre, le cinéaste iranien a voulu réveiller nos consciences endormies. Reconnaissons-lui au moins ce mérite !

Laurence Berger


LE DVD :

Bonus :
- Documentaire "Afghan Alphabet" (45 minutes)
- Interview du réalistaeur (20 minutes)
- Filmographie
- Bande-annonce


– BIOGRAPHIE :

Né à Téhéran en 1957.
Très jeune, il milite au sein d'une organisation islamique luttant contre le régime du Shah. Il est emprisonné à 17 ans, à la suite d'une attaque contre un commissariat de police. Il restera en prison de 1974 à 1979 et sera libéré au moment de la révolution. Entre 1980 et 1981, il publie un roman, plusieurs nouvelles et écrit des thèses sur le théâtre islamique. En 1982, il publie un roman intitulé "Le Jardin de Cristal", traduit en anglais. En 1983, il publie le "Bassin Du Roi" et réalise son premier long-métrage en 1982, NASSOUH LE REPENTANT.
En 1985, quand le contexte politique est favorable à un renouveau du cinéma en Iran, Makhlalbaf réalise son quatrième film, "Boycott", lequel révèle sa maîtrise de l'art cinématographique.
Son film LE CAMELOT (1987) est montré dans une vingtaine de festivals internationaux.
Son film suivant, LE CYCLISTE (1988) remporte un grand succès auprès du public et des critiques iraniens. LA NOCE DES BENIS (1989) traite des difficultés de réinsertion d'un photographe de presse à son retour du front de la guerre Iran-Irak.
Entre 1990 et 1991, Makhmalbaf tourne deux films "LE TEMPS DE L'AMOUR et LES NUITS DE ZAYANDEHROUD qui n'ont pu être montrés - avant 1995, pour LE TEMPS DE L'AMOUR qui fut sélectionné à Cannes dans la section Un Certain Regard, les autorités lui reprochent une certaine déviance par rapport à ses idées religieuses d'origine.
NASSEREDIN SHAH, L'ACTEUR DE CINEMA (1992) est un film plein d'humour et d'une grande élégance formelle dont le sujet est le cinéma iranien à travers son histoire et auquel il rend hommage de façon délirante.
SALAM CINEMA et GABBEH ont été présentés au Festival de Cannes, respectivement en 1995 et 1996. Ses derniers films sont UN INSTANT D'INNOCENCE (1996), LE SILENCE (1998), LES CONTES DE KISH (LA PORTE, 1999), LE TEST DE LA DEMOCRATIE (2000).


FICHE TECHNIQUE :


Réalisateur : MOSHEN MAKHMALBAF
Scénariste : MOSHEN MAKHMALBAF
Directeur de la photo : EBRAHIM GHAFOURI
Monteur : MOSHEN MAKHMALBAF
Ingénieurs du son : BERHOUZ SHAHAMAT & FAROUKH FADAI
Compositeur : MOHAMAD REZA DARVISHI
Producteur : MAKHMALBAF FILM HOUSE
Co-producteur : BAC FILMS
Distributeur : MARS FILMS
Duree : 1H25 mn
Sortie à la Vente en VOD/DVD le 04 Septembre 2002
Sortie en salles le 24 Octobre 2001
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Caractéristiques du DVD

Bonus :

- Documentaire : "Afghan Alphabet" (45')
- Interview de Mohsen Makhmalbaf (20')> Plus
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