À force d’hygiéniser la mort et de la faire disparaître aux confins des services de soins palliatifs, notre société arriverait presque à nous faire croire que le passage dans le néant est une formalité médicale, et qu’on pourra, un jour, aller se suicider dans une « clinique spécialisée » comme on part en vacances. Par la sève décapante de l’humour noir, ce film confronte notre fantasme d’une mort douce à sa triviale réalité. C’est pour cette raison que le film a été tourné dans un style proche du documentaire (caméra légère, proche des acteurs) mais sans voyeurisme, afin que la vérité d’une mort sans douleur apparaisse pour ce qu’elle est : une farce macabre. Le réalisateur a tenu à suivre une narration réaliste même lorsqu’à force de décalage et d’excès, les personnages plongent dans l’horreur : « ici, dans ce film, la tension dramatique est conçue comme un escalier en colimaçon. Ça tourne et ça ne cesse de monter, jusqu’à donner le vertige, lorsque enfin, tout se déclenche. Puis, une fois que le basculement dans l’extraordinaire est devenu irréversible, le film doit continuer son chemin, jusqu’à l’absurde, et parfois, au rire »...