Nous sommes quelque part au fin fond du Texas. Où les crapules côtoient les dépravés et où la morale semble avoir décampé depuis bien longtemps.
Chris (
Emile Hirsch) est l'un des petits dealers du coin. Mais Chris doit de l'argent à un gros caïd de la ville. Il a besoin d'argent, de beaucoup d'argent : 6000 dollars en tout. Il a alors une idée macabre et décide, avec son père, de tuer sa mère (jusqu'ici tout va bien) afin de toucher son assurance vie de 50 000 dollars. Mais Chris ne veut pas faire le boulot lui-même. On lui a parlé de ce type, Joe Cooper "Killer Joe" : un flic qui fait des "a-côtés", un tueur à gages très efficace.
Chris le veut, mais sans un sou, impossible d'avancer la paie de Joe. Le tueur a une idée : il y a Dottie (
Juno Temple), la petite soeur de Chris. Elle sera la caution.
Mais en plus d'avoir une double identité de flic et tueur, Killer Joe est un redoutable manipulateur un peu (voire très) sadique...
C'est dans cette atmosphère corrompue que
William Friedkin nous plonge. Et, immédiatement, on est dedans. Tirée d'une pièce du dramaturge
Tracy Letts, devenu scénariste du film,
Killer Joe est un quasi huis clos à la fois sombre et savoureux. Dans une ambiance confinée et tendue, on suit ces personnages tous autant pourris les uns que les autres (seule Dottie est épargnée), dont l'histoire est racontée avec un malin sarcasme.
D'une violence brute,
Killer Joe choque autant qu'il séduit, grâce à une mise en scène parfaitement maîtrisée par
William Friedkin, qui signe là probablement l'un de ses meilleurs films. De la superbe lumière au casting impeccable (dédicace à
Matthew Mcconaughey - en pleine renaissance - dans le rôle titre),
Killer Joe est une petite bombe cinématographique, après quoi vous ne verrez plus les ailerons de poulet de la même manière...
Marie Devier