Reprise - Film inédit au cinéma
Un film de
Jean-luc Godard, avec
Jean-luc Godard, Peter Sellars,
Leos Carax,
Julie Delpy,
Burgess Meredith.
L'écrivain Norman Mailer doit écrire une nouvelle version du Roi Lear de William Shakespeare. Le récit se déroule après le drame de Tchernobyl. Le monde est redevenu normal, mais l'art a complètement disparu.
L'AVIS DE LA REDACTION :
Bien avant Baz Lhurmann et sa libre adaptation de
Romeo + Juliette,
Jean-luc Godard modernisait déjà Shakespeare en 1987, en transposant une de ses pièces dans un contexte contemporain et maffieux. Jusqu’alors inédit (pour cause d’imbroglio juridique), son KING LEAR sort aujourd’hui en salles. Plus qu’une réinterprétation du texte, ce film prétend être une tentative de récréation cinématographique ("une approche" comme le dit lui-même Godard). Comment réinventer le cinéma ? Comment rendre Shakespeare contemporain ? C’est à toutes ces questions que le cinéaste tente de répondre dans ce qu’il appelle "un conte tordu". Car assurément, KING LEAR est un film difficile d’accès (certains diront totalement hermétique). Il reste néanmoins une expérience unique de cinéma.
Prétextant la catastrophe nucléaire de Tchernobyl,
Jean-luc Godard clame ici, avec une certaine jouissance, la mort de l’art. Cette ruse des plus insolites lui permet en effet de se mettre en scène dans un rôle rêvé : l’inventeur fou du cinéma. Godard tente étape par étape de donner naissance à l’art cinématographique, réfléchissant sur la valeur de l’image, le rôle du son... Parallèlement à cette expérimentation, il analyse la pièce de Shakespeare. C’est-à-dire qu’il la déconstruit (il la "décortique") jusque dans la phonétique ou la sémantique du titre, pour percer son mystère et ainsi mieux la recréer au cinéma.
Cette étude minutieuse et complexe laisse souvent pantois. A plusieurs reprises le spectateur aura l’impression de perdre le fil, d’être totalement perdu. Cela peut soit agacer, soit laisser béat d’admiration. Mais on doit reconnaître le génie de Godard qui n’a pas son pareil pour mettre en scène des fantasmes de cinéaste. C’est le cas par exemple de ce plan inouï, dans lequel un réalisateur nommé M. Alien (
Woody Allen en personne!) monte son film en cousant des bobines de celluloïd et exprime par là même, sa domination sur le temps (sur le début, le milieu, la fin de son film)...
Sabri Ammar
L’AVIS DE LA PRESSE :
Libération :
" Godard, naturellement, n'a pas adapté Shakespeare (il crâne en disant ne l'avoir pas lu) et King Lear n'est pas le Roi Lear. C'est un film qui décrit à la fois la ruse par laquelle Godard honore malgré tout son contrat de réaliser King Lear et un récit du travail, une "approche" autour, à propos et en dehors du Roi Lear"
Philippe Azoury et Olivier Séguret (article entier disponible sur le site de
Libération)
Première :
" Exception faite d'un réjouissant prologue où Godard commente l'impossibilité de réaliser son film, King Lear est le pire ouvrage de son auteur"
O.D.B. (article entier disponible dans Première n°302, page 46)
Télérama :
" Il s'agit moins de lire Le Roi Lear que de doner à entendre cinq ou six phrases, maximum de beauté que l'époque est capable de supporter"
Marc Cerisuelo (article entier disponible sur le site de
Télérama)