Produire de nouvelles aventures de Kirikou, cela veut dire qu’il faut à la fois retrouver l’univers familier que le public aime, tout en lui offrant beaucoup de nouveautés. comment avez-vous procédé ?
Produire une suite est toujours un peu compliqué avec Kirikou puisque le premier film avait une vraie fin : Kirikou délivrait la sorcière de son épine dans le dos et son vœu le plus cher était exaucé : il grandissait et devenait un homme. Dans KIRIKOU ET LES BÊTES SAUVAGES, Michel avait déjà imaginé que ces nouvelles aventures inédites se déroulaient avant que la sorcière ne soit délivrée de sa douleur. KIRIKOU ET LES HOMMES ET LES FEMMES reprend le même principe : le film est constitué de «tranches de vie» qui n’avaient pas encore été racontées dans le cadre du premier film. La nouveauté, c’est que ces histoires ne sont pas entièrement consacrées à la relation entre Kirikou et la sorcière : elles mettent en valeur des personnages du village comme la femme forte et le vieux grincheux, ou des nouveaux venus comme la griotte et l’enfant touareg. Les caractères ne changent pas : Kirikou reste l’enfant minuscule par sa taille mais grand par sa vaillance et sa mère est toujours sa confidente, sa protectrice et celle qui l’encourage à grandir. Et notre héros sait toujours traiter les problèmes avec intelligence et discernement. L’astuce a été d’imaginer cinq contes où s’expriment les valeurs essentielles qui motivent et fondent l’humanisme de Kirikou : l’entraide, la tolérance, la générosité, l’activité, la curiosité…