Résumé du film L'adversaireLe 9 janvier 1993, Jean-Claude Romand a tué sa femme, ses enfants, ses parents , puis tenté, mais en vain, de se tuer lui-même. L'enquête a révélé qu'il n'était pas médecin comme il le prétendait depuis dix-huit ans et , chose plus difficle encore à croire, qu'il n'était rien d'autre. Près d'être découvert, il a préféré supprimer ceux dont il ne pouvait supporter le regard.
Si ce scénario ne se veut ni une explication, ni un nouveau jugement sur " l'affaire ", il a pourtant été rédigé dans une fidélité, fidélité à une trajectoire, celle d'un homme pris dans les mailles de son mensonge, victime et bourreau de cette impunité du faux…
Du dérapage puéril d'un étudiant trichant le résultat d'un examen, à l'implosion, dix-huit ans plus tard, de la vertigineuse fabulation qu'il avait bâtie sur du vide, ce récit suit les évènements de la construction et de l'effondrement de ce système.
Mais, au-delà du fait divers et du livre d' Emmanuel Carrère, nous avons choisi en incarnant les personnages de cette histoire, de leur imaginer une langue, des comportements, des manières d'être… d'inventer les scènes dont on ne connaît qu'une allusion judiciaire.
Il s'agit donc d'une fiction qui vient animer le canevas opaque et terrible de l'histoire de Jean-Claude Romand. Au centre, il y a cette étrange figure, mélange de proximité et de mystère, qu'à défaut d'élucider, nous pouvons tenter de côtoyer jusqu'à la déflagration finale.
Ce scénario se veut une tragédie moderne et atemporelle, tragédie d'une normalité dévoyée, tout à la fois familière et inouïe. Galerie Photos : L'adversaireLes avis sur le film L'adversaire
Notre critique : L'adversaire Un film simple mais poignant, remarquablement interprété par Daniel Auteuil-
Comme Au Cinema

Pour son quatrième long-métrage, Nicole Garcia adapte à l’écran le livre d’ Emmanuel Carrère, L’adversaire. A partir de cette histoire vraie, "l’affaire Romand", elle réalise un film simple mais poignant. La réalisatrice ne tente pas de donner une explication ou un jugement sur les faits. Elle nous montre juste la mise en scène de l’effroyable cercle vicieux dans lequel est tombé Jean-Claude Roman (devenu pour le film Jean-Marc Faure).
A la fois fascinant, troublant et répugnant, Daniel Auteuil interprète librement (Roman étant blond, plutôt gros et enjoué) et magnifiquement ce personnage. Il dégage une émotion forte de part son regard, ses gestes, ses paroles. Ses talents de grand acteur ont été remarquablement mis en valeur par la réalisatrice. Elle a su le filmer, trouver les angles, les lumières (à noter le très beau travail du chef opérateur Jean-marc Fabre), les mouvements de caméra propices à chaque émotion de l’histoire.
Nicole Garcia réussi grâce à cela à maintenir tout au long du film une ambiance angoissante, pesante et lourde d’interrogations. Le tout soutenu par la magnifique musique d’ Angelo Badalamenti ( Mulholland Drive), oppressante mais jamais gênante.
Le livre d’Emmanuelle Carrère s’étale sur vingt ans, retraçant complètement la construction puis l’effondrement de la vie de Jean-Claude Roman. Nicole Garcia a elle plus accès son film sur la fin du mensonge, nous révélant progressivement sa mise en place. Avec des choix narratifs et une chronologie difficile, pas évidente à filmer et à monter, elle risque de rebuter certains spectateurs.
Une fiction très emprunte de la réalité, ce qui la rend d’autant plus émouvante et dure. Mais, ce rendu très fidèle de l’affaire Roman engendre certaines faiblesses scénaristiques. Le film ne va pas jusqu’à l’enquête et au procès. Il s’arrête juste après le drame. Néanmoins, sont insérées dans le scénario quelques séquences où l’on voit des proches de Faure (Marianne et Luc) au cours d’interrogatoires de police. Mal placées et mal utilisées, ces scènes ne servent finalement à pas grand-chose, si ce n’est à accentuer le côté "ils ne se sont rendu compte de rien... ah les mauvais amis !".
Quoiqu’il en soit, même si vous trouvez qu’il y a peu de rebondissements scénaristiques, Daniel Auteuil trop froid ou l’action trop proche de la réalité, vous ne pourrez pas rester insensible à cet homme, Jean-Marc Faure. Vous éprouverez pour lui à la fois de la compassion et de l’incompréhension. Le film a ce quelque chose qui saura vous interpeller… et rien que pour cela, il est déjà très réussi.
Amélie Chauvet
Critiques : L'adversaire -
Studio Magazine

" Nicole Garcia réussit un film fort, opressant et impeccable. Elle nous fait marcher, la gorge sèche, sur le bord d'un précipice où le vertige ne peut que nous saisir. Elle nous plonge dans une spirale infernale dont on ressort glacé avec des images puissantes et évocatrices."
J-P Lavoignat (article entier disponible dans Studio Magazine n°181, page15)
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Chronic'art

" Dans L’Adversaire, Daniel Auteuil est évidemment impeccable dans la peau d’un broussailleux athlète du mensonge, jouant à fond sur le double aspect du visage de Romand, à la fois pure surface plane où glisse le petit théâtre socio-familial qui se tortille autour de lui, et boule de contractures à l’intérieur, grouillante d’angoisse, en sursis permanent."
J-P Tessé (article entier disponible sur le site de Chronic’art)
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Télérama

" L'Adversaire, le film, ne cherche ni à les éclaircir ni à les juger. Ce qui intéresse Nicole Garcia, ce n'est pas de savoir pourquoi Jean-Marc Faure a menti, ni même comment il l'a fait, mais de décrire sa vie avec le mensonge, ce décalage qui à chaque heure, à chaque minute, altère la réalité. Un mensonge ne sera convaincant que si le réel qu'il contredit l'est aussi : le film séduit par la justesse du moindre second rôle, la précision de chaque ligne de dialogue."
Aurélien Ferenczi (article entier disponible sur le site de Télérama)
Caractéristiques du DVDImage : DVD 9 - 16/9 compatible 4/3 – Format 1.85
Son : Dolby Digital Français.
Bonus :
- Scènes coupées
- Entretien réunissant la réalisatrice, les scénaristes et l’auteur du livre
- Interview d’un docteur en psychiatrie sur le cas ROMAND
- Galerie de photos commentée par la réalisatrice
- Filmographies
- Bande-annonce Notes Techniques| Son | Image | Packaging | Menu | Bonus |
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| 4/5 | 5/5 | 3/5 | 4/5 | 4/5 |
Test DVD
C’est sur des menus tout aussi troublants que le film qu’il renferme que s’ouvre le dvd de L’ADVERSAIRE, réalisé par Nicole Garcia d’après le livre d’ Emmanuel Carrère sur l’"affaire" Jean-Claude Romand.
Le film bénéficie d’un traitement dvd soigné, mettant l’accent sur son côté angoissant. Ainsi, une image pure faite de contrastes et lumières réussis accentue les différentes périodes de la vie de Jean-Marc Faure, ses états d’esprits… et de folie. De même, la bande-son DD 5.1 de qualité offre une bonne place à la musique d’ Angelo Badalamenti.
Côté suppléments, on reste autour de l’affaire, avec, au menu, deux entretiens. Le premier, réalisé par le critique Michel Ciment, réunit Nicole Garcia (réalisatrice), Jacques Fieshi (scénariste), Frédéric Bélier-garcia (co-scénariste) et Emmanuelle Carrère (auteur du livre). Chacun revient sur l’adaptation cinématographique de cette histoire vraie, le choix de la forme narrative, la mise à l’écran du personnage, etc. Dans le second entretien, le Docteur en psychiatrie Zagury s’arrête sur le cas Romand et la construction du mensonge.
Deux bonus bien construits et intéressants, qui se pose en bon complément au film. De même, les sept scènes coupées proposées ont toutes leur intérêt : chacune introduite par un court texte de la réalisatrice, vous y découvrirez notamment le personnage de Jean-Marc Faure à la fac de médecine ; ou des séquences de couples heureuses, trop heureuses…
Un dvd soigné, tant sur le fond que sur la forme, qui reste dans l’esprit très troublant de ce film à l’histoire peu ordinaire. Amélie Chauvet Notes de l'équipeL’affaire Roman :
"La fascination que j’ai pu éprouver pour des faits divers a toujours été contrariée par une sorte de répulsion.
Les faits divers nous frappent toujours d’abord parce qu’ils nous sont brutalement contemporains. C’est comme si nous marchions tous sur la même nappe de violence ou d’horreur possibles, et qu’elle faisait irruption soudain, quelque part, dans le Jura, en Moselle, dans un appartement de l’est parisien, et y engloutissait les gens… |
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