Un film d'
Alain Gomis, avec Djolof Mbengue,
Delphine Zingg et Samir Guesmi.
SYNOPSIS :
El Hadj est étudiant à Paris. Pour lui rentrer au Sénégal pour participer au développement du pays est un devoir. Mais cet avenir est violemment remis en question par la réalité de sa vie en France.
L’AVIS DE LA REDACTION :
L’AFRANCE évoque avec justesse le dilemme qui tiraille El Hadj. D’un côté, un mélange de nostalgie de l’enfance et d’ambitions juvéniles lui rappelle qu’il doit retourner au Sénégal, et de l’autre, la conviction que le morceau de vie qu’il a construit à Paris a irrémédiablement transformé son identité, lui fait redouter avec effroi de se faire rejeter par les siens à Dakar.
Les partis pris narratifs et esthétiques font redoubler la charge émotive véhiculée par ce film. Les images sont très soignées. Le ton est douloureux, mélancolique, désenchanté mais aussi troublant d’authenticité. Si l’humour est parfois présent, l’amertume n’est jamais très loin. On accompagne le cheminement psychologique de El Hadj, sa détresse. Pour autant, on est loin d’un regard complaisant et larmoyant. Car il y a toujours beaucoup de pudeur aussi bien dans la mise en scène que dans la confession du personnage. Au delà des questions soulevées par l’exil et le retour au pays, on assiste à une réflexion sur le passage à "l’âge adulte", où s’effondrent brutalement de nombreuses illusions que l’on a soigneusement entretenues depuis l’enfance. Le basculement est d’autant plus brutal et sans appel que les ambitions nourries étaient grandes. Ce film est aussi un témoignage effarant sur les zones de rétention et la situation au combien ubuesque et humiliante à laquelle peut se trouver confronté un étranger.
Alain Gomis inspire une attitude d’autant plus révérencieuse qu’il s’agit de son premier film.
Mavo RANAIVO
PROPOS DU REALISATEUR :

"L'AFRANCE, c'est cette contraction entre l'Afrique et La France, c'est le territoire qui n'existe pas, ce monde mental mélange de souvenirs et d'espérances, ces bouts d'Afrique reconstitués en France. C'est ce tout et ce rien dans lequel vit El Hadj, le personnage principal, au début du film.
Ce trait d'union dans lequel le temps et l'espace n'existent pas. C'est un monde où tout est possible, où tout est rêvé, où le pays natal vit dans la mémoire et dans les projets, tuant le véritable présent, et dilatant les frontières.
L'AFRANCE, c'est ce monde où l'on ne vit que sur un pied, en transit, en planifiant sans cesse le Retour "pour bientôt", "dans cinq ans", ou "après la retraite". Où l'on ne construit pas, on ne s'installe jamais, parce que l'on n'admet pas qu'on restera "ici". Et l'on se réfugie dans cet ailleurs où l'on retournera un jour. Alors rien ne touche vraiment, tout est moins dur à vivre, tout est supportable, "parce qu'on n'est pas chez nous". Il y a ce "là-bas", ce souvenir figé, ce territoire que l'on ne retrouve jamais puisqu'il est lié à un temps, passé, puisque chacun a évlué dans des lieux et à travers des expériences différentes. Ce "pays" où l'on a peur d'être devenu étranger. Car être étranger chez les autres, soit, mais être étranger chez soi…
L'AFRANCE, c'est aussi ce "A" privatif, parce que finalement ce n'est pas vraiment la France, mais aussi parce que c'est la France que l'on ne montre pas. Celle des étrangers, mais aussi celle qui se trouve dans les centres de rétention, comme à Paris, sous les pieds des milliers de touristes qui visitent tous les jours le quartier latin.
S'il me semblait important que la fiction aborde des lieux et des populations si peu représentés dans le pays où je suis né, ma volonté profonde était de faire un film sur un Homme. Je ne voulais pas faire un film sur un Noir au pays des Blancs, mais justement sur quelqu'un qui puisse dire : "j'en ai marre d'être black, je suis sénégalais". J'étais fatigué de voir tous ces Africains dépeints quasi exclusivement dans une relation de demande de l'Occident, luttant pour entrer ou rester dans un pays occidental. Je voulais un personnage qui, lui, se batte pour rentrer, comme j'en voyais tant.
Il s'agissait avant tout d'une envie de Cinéma, pas de politique, ni de sociologie, mais d'émotions."
L’AVIS DE LA PRESSE :
Télérama :
" Une vision neuve et inspirée du drame des sans-papiers."
(article entier disponible sur le site de
Télérama)
CinéLive:
" Le cinéma français tourne enfin ses caméras vers l'actualité sociale. A découvrir. "
(article entier disponible dans Cinélive n°54, page 49)
Studio :
" L'Afrance est un film coup de poing que l'on vit à travers le regard de cet homme.Extrait d’article – un e ou deux phrases "
Nom et prénom du journaliste (article entier disponible dans Studio Magasine n°175, page 30)
FICHE ARTISTIQUE :
El Hadj : Djolof Mbengue.
Myriam :
Delphine Zingg.
Khalid : Samir Guesmi.
Demba : Théophile Moussa Sowié.
Le Père : Thierno Ndiaye Doss.
Chérif : Bass Dhem.
Oumar :
Albert Mendy.
FICHE TECHNIQUE :
Production déléguée : Anne-Cécile Berthomeau et Edouard Mauriat.
Image : Pierre Stoeber.
1er Assistant : Ivan Rousseau.
Montage : Fabrice Rouaud.
Montage son : Raphaël Sohier.
Son :
Erwan Kerzanet.
Mixage : Fabrice Conesa Alcoléa.
Scripte : Sophie Audier.
Musique : Patrice Gomis.
Adaptation et dialogues :
Alain Gomis,
Pierre Schoeller; Marc Wels,
Xavier Christiaens et Nathalie Stragier.
Avec la participation du Centre National de la Cinématographie, du Fond d'Action Sociale – FAS et THECIF – Région Ile de France.
Edition musicale : XIII bis Music.
Produit par Mille et productions.