Cheveux décoiffés, regard perdu, camisole sur le dos, John Trent est enfermé dans un asile. « Je ne suis pas fou ! », hurle-t-il surexcité. Les autres détenus aliénés l’imitent : « Moi non plus ! ». C’est parti pour un condensé d’1h30 entre horreur et fantastique. A la recherche de l’écrivain Sutter Cane, John Trent se rend à Hobb’s End, une ville dont le romancier s’inspire pour ses récits. Calme et à première vue inoccupée, la bourgade se révèle identique à celle décrite sur le papier. Les habitants, telle la vieille réceptionniste, ressemblent bizarrement aux protagonistes des livres. Très vite la réalité se mélange avec la fiction et John Trent, perdu dans cet étrange univers, dérive dangereusement vers la psychose…
Avec
L’antre De La Folie,
John Carpenter livre l’une des ses meilleures œuvres, qui se range aux côtés des mythiques
The Thing et
They Live. Sam Neil, qui interprète le personnage principal, plonge physiquement au fil du récit dans une démence terrifiante, perdu dans un monde sanglant où chiens enragés et zombies armés arpentent les rues. Le film prend aux tripes. Certaines scènes appartiennent au panthéon des moments les plus flippants du cinéma, comme celle où un vieil homme roule sur son vélo en pleine nuit sur une route déserte avec des cartes fixées aux rayons. L’ambiance malsaine qui se dégage de l’ensemble, mise en valeur par une lumière maîtrisée et une réalisation d’école, contraste avec l’apparence carton-pâte des monstres. Et c’est cela qu’on aime chez Carpenter, réalisateur de génie capable de transformer une série B (ou Z) en chef d’œuvre. Avec sa musique reconnaissable à la première note, le polyvalent Carpenter n’en oublie pas l’humour. Petit exemple, Sam Neil cherche la réceptionniste : « where are you old bitch ? »…
Même 10 ans plus tard, on comprend pourquoi
L’antre De La Folie est devenu un film culte. Effrayant et marrant,
John Carpenter nous offre - comme d’habitude - un délicieux moment à consommer lumières éteintes.
Alain Martino