On les avait vu danser, signer un pacte, monter une brigade avec Jin-Roh, les voilà à présent qui bâtissent un empire - une tache assez compliquée tout de même pour ces petites bestioles. Et malgré toute la bonne volonté de
Chris Nahon, elles hurlent bien vite à la mort et s'enfuient en trottinant. Car si au fil des pages du roman de
Jean-christophe Grangé, l'histoire pouvait paraître légèrement compliquée voire décousue, le film saute du coq à l'âne et va de situations rocambolesques en rebondissements invraisemblables - et Ariane a sérieusement emmêlé son fil conducteur. A vouloir trop en faire, les loups se prennent un peu vite les pattes dans les pages et la trame du scénario ne tient pas la route une seconde. D'ailleurs les acteurs ne semblent pas plus convaincus par l'histoire que le spectateur. Mis à part
Jean Reno en blond platine égal à lui-même et le jeune
Jocelyn Quivrin assez convaincant en bleu introverti, le reste du casting fait pâle figure et semble comme démoralisé par les gouttes de pluie qui ne cessent de s'abattre sur leur étrange (et trop compliquée) destinée.
Alors, comme pour
Vidocq, on se laisse bien vite aller au simple plaisir des images sans plus rien chercher à comprendre… Et là, en revanche, le show est au rendez-vous.
Chris Nahon, fraîchement diplômé de l'école Besson à qui l'on doit déjà le très bestial et très sensuel BAISER MORTEL DU DRAGON, s'en donne à cœur joie et nous livre un véritable spectacle à grand renfort de coups de génie. Mise en scène énergique et efficace, montage saccadé et rythmé, plans et points de vue originaux, il étale tout son savoir-faire à l'américaine et livre un beau travail à la fois visuel et sonore pour le plus grand plaisir des yeux et des oreilles.
Même si un arrière-goût amer et un léger mal de crâne viennent donc ternir la vision de cet EMPIRE DES LOUPS, le divertissement pop corn et crème glacée est bien au rendez-vous. Les loups sont rentrés dans Paris, ont franchi des rivières de sang pourpres, ont tourné un peu en rond mais viennent tout de même grogner assez fort pour qu'on ne passe pas à côté…
Aurélie Maulard