Un film de
Laurent Cantet, avec
Karin Viard,
Aurélien Recoing, Serge Livrozet, Maxime Sassier et Félix Cantet
Lion de l'année au
58e Festival International Du Cinema De Venise
SYNOPSIS
Vincent est consultant en entreprise, est licencié. Il décide de le cacher à son entourage et à sa famille en s'inventant un nouvel emploi du temps à Genève.
Dès lors, d'arnaques en dissimulations, survivre devient pour lui une activité à plein temps…
LE DVD :
Son : Dolby Surround 5.1
Image : 16/9 compatible 4/3 – Format 1.85
Langues : Français.
Bonus :
-"Les Sanguinaires" : moyen-métrage de
Laurent Cantet (68 mn)
-Entretien avec le réalisateur animé par Gérard Lefort, critique de cinéma à Libération (15 mn).
-Films annonces.
L’AVIS DE LA REDACTION :
Laurent Cantet prend son temps. Il ne se précipite pas, ose filmer le rien, le néant, sans crainte. Calmement. Car malgré ce titre paradoxal, L’EMPLOI DU TEMPS est construit sur du vide. Du vide, et son remplissage. Peu à peu, le rythme se met en place : l’errance pendant la semaine, les forêts, la neige, le silence. Retour en famille le week-end, avec femme, parents et enfants. La vie, comme si de rien n’était.
Ce film ne déploie ni effets spéciaux, ni action démesurée à rebondissements, ni grands noms en tête d’affiche. Juste un quotidien accablant de banalité. Et pourtant, il est là, présent, il nous pénètre, s’infiltre, au plus profond de nous pour ne plus nous lâcher. Il nous attire, nous captive. Témoin du mensonge, de la supercherie qui prend jour après jour de l’ampleur, le spectateur en devient complice. Malgré la lenteur du montage, l’attention n’est jamais relâchée. Au contraire. Au fur et à mesure que le film avance, chaque action prend plus de poids, chaque minute qui passe devient plus lourde de conséquences, renforçant un sentiment diffus d’inquiétude. L’atmosphère se charge d’angoisse, au fil de la lente progression, ou plutôt du lent plongeon du héros dans un autre monde, celui qu’il s’invente. Plus le personnage s’enferme, et nous avec, dans son mensonge, dans sa folie, plus les retombées risquent d’être dramatiques.
Aurélien Recoing est parfait de justesse. Il ne s’impose pas par la force, mais par une douceur, une présence. Une intensité, un trouble, se dégage de son jeu, de sa personne même, à travers son physique imposant qui dévoile une faille. Sans cesse pris entre deux feux, il gagne de l’assurance au fil du temps, alors que le filet se resserre de plus en plus, risquant de craquer à tout moment. Inspiré du fait divers de l’affaire Romand,
Laurent Cantet signe ici un film passionnant, qui restera longtemps dans les mémoires.
Sarah Beaufol
L’AVIS DE LA PRESSE :
Chronic’art :
"Dans la droite ligne du poignant Ressources humaines, le troisième long métrage de Laurent Cantet confirme le talent d’un cinéaste qui élabore une oeuvre sobre et irréprochable, aussi discrète que stimulante."
Robert Laurent (article entier disponible sur le site de
Chronic’art)
Télérama :
" Si le film laisse une impression aussi forte, c'est sans doute par son refus de l'extraordinaire. Cantet ne regarde jamais son personnage comme un cas psychiatrique mais comme quelqu'un qui, insensiblement, a cessé un jour d'adhérer à sa réalité quotidienne et professionnelle(...) "
Guichard Louis(article entier disponible sur le site de
Télérama)
Studio :
"En jouant aussi bien avec les apparences, ce film remarquable laisse une troublante impression de malaise. On en ressort profondément secoué. Mais aussi enthousiasmé par la force de son interprétation . "
Cheze Thierry (article entier disponible dans Studio Magasine n°173, page 18)
Les Cahiers du cinéma :
"L'emploi du temps est d'abord celà, un film intenable. Un film qui vous détruit en douceur, sape peu à peu vos maigres certitudes : celles, secrètes, indicibles, qui disent à chacun de nous que la vie vaut encore la peine d'être vécue. "
Tesson Charles (article entier disponible dans
Les cahiers du cinéma n°562, page 74)