Un nouveau film (trop) social pour les Frères Dardenne…et une nouvelle Palme d'Or à Cannes
Habitués du festival de Cannes où ils repartent toujours auréolés de prix prestigieux, les réalisateurs belges Jean-pierre et
Luc Dardenne y ont cette année remporté leur seconde Palme d'Or pour leur nouveau long-métrage
L'Enfant, six ans après celle, très contestée, de
Rosetta. Il faut croire que leurs sujets, très sociaux, et leur style, assez brut, plaisent.
L'Enfant poursuit donc dans la veine sociale du
Fils et de
Rosetta en nous racontant l'histoire, forcément triste et dure, de Sonia, une toute jeune maman de 18 ans et du père de son bébé, Bruno, vivant des allocations de la jeune fille et des petits vols du jeune homme. Chez eux, tout est bien sûr gris, sombre, il ne fait jamais beau. Pas ou peu de verdure dans ce monde de brutes, pas ou peu de chances pour eux d'en sortir.
Une histoire filmée certes plus posément que dans leurs précédents films, mais d'une façon toujours si épurée et esthétiquement simple qu'elle en devient ennuyeuse. Trop, les deux personnages principaux accumulent trop de galères pour que l'on puisse s'identifier ne serait-ce qu'un peu à eux. Du coup, on ne ressent aucune émotion face à ces destins plus que tragiques. Et c'est bien dommage. On aurait aimé pouvoir s'attacher à Sonia et Bruno, pouvoir se passionner pour leurs problèmes et leur survie. Mais une histoire qui se veut trop dure et un style trop épuré tuent l'émotion…
L'enfant devrait néanmoins, tout comme les autres films des cinéastes, trouver son public chez les cinéphiles adeptes d'un style qui n'est pas sans rappeler celui de Robert Bresson.
Amélie Chauvet