Le long-métrage de
Pieter Jan Brugge, L'ENLEVEMENT retrace d’une façon bien particulière et plutôt original, le kidnapping de Wayne Hayes, homme d’affaires réussit et intègre.
Le film raconte deux histoires parallèles : celle en temps réel du kidnapping de Wayne Hayes et celle en flash-back de la journée que l’homme d’affaires a passée auprès de sa femme juste avant d’être enlevé. Cette construction qui paraît au premier abord un peu brouillonne, permet au contraire d’entrer plus intensément dans la vie de chacun des protagonistes du long-métrage. Chaque scène a été minutieusement travaillée et soignée.
Robert Redford endosse avec beaucoup de finesse le rôle de Wayne Hayes, personnage qui s’est acharné à travailler pour réussir sa carrière mais qui de ce fait a commis de nombreuses erreurs comme père et comme mari. Un homme qui se retrouve le temps de son enlèvement en prise avec la réalité de sa vie familiale et professionnelle.
Robert Redford, acteur de renom transmet grâce à son très bon jeu d’acteur, toute l’étendue de l’horreur mais aussi du sang froid dont un homme peut faire preuve dans une situation d’enlèvement ou une fin tragique est palpable. Autre acteur de première classe :
Willem Dafoe interprète avec beaucoup de talent le personnage triste, désespéré, las et découragé d’Arnold Mack.
Malgré le jeu poignant et fort des acteurs, on ne peut s’empêcher d’être contrarié par les longueurs du film. L’ENLEVEMENT ne dure qu’une heure trente et cependant les redondances et les scènes vides de sens sont trop nombreuses. L’ENLEVEMENT, qui ressemble dans sa mise en scène à une création indépendante, aurait pu être un long-métrage d’une grande qualité et sortir du lot mais certains clichés amoindrissent son impact et sa profondeur. Le spectateur retrouve ici la représentation quasi parfaite de l’idéal américain qui trouve même dans le désarroi, la mort et l’insupportable, la force d’être brave et heureux. Un tout est bien qui finit bien tragique mais cela étant, à la fin de L’ENLEVEMENT, le spectateur aura de la sympathie pour tous les protagonistes du film : les bons et les méchants.
Sohini Gogel