Cette année à Cannes, le papa de
Soyez Sympas, Rembobinez rend hommage à sa tante Suzette. Pourquoi pas ? Pourtant, à la sortie de la projection de
L'épine dans le coeur, il faut avouer que l’on reste légèrement perplexes.
Pas spécialement à cause de l’histoire racontée par le réalisateur de
La Science Des Rêves (on sait que
Michel Gondry aime travailler en famille), ni même par la forme employée pour le faire (un bricolo-documentaire foutraque qui a rebuté certains - rares – journalistes dès la cinquième minute du film).
Non, à vrai dire, si l’on est troublés par l’histoire de cette super-tata instit, c’est plutôt par les secrets douloureux qu’elle déterre.
De l’éduction stricte au deuil encore inachevé, des regrets aux remords, des louanges d’anciens élèves aux reproches d’un fils qui se sent mal-aimé ; on creuse toujours un peu plus profondément dans le jardin intime de cette femme ébréchée, un cœur-jardin dans lequel est planté une bien triste (et difficilement avouable) épine.
Est-on touchés ou gênés de cette « proximité » en apparence si innocente ? On ne sait trop… Mais le malaise est bien là.
Eléonore Guerra (Cannes, le 16 Mai 2009)