L'Afghanistan, un engagement porté au cinéma.
Cette fois, je ne viens pas en Afghanistan pour témoigner du lent et difficile processus de reconstruction, mais pour réaliser un film de fiction destiné au cinéma. Une nouvelle et folle aventure, pour dire, avec plus de force encore, ce que j'avais tenté de faire savoir à l'époque où l'Occident ignorait que ce qui se tramait en Afghanistan le concernerait aussi, et de la plus cruelle manière. Un projet que j'avais depuis longtemps envie de réaliser, et que les événements de septembre 2001 ont rendu pressant, car les douloureuses années 1980 semblaient étrangement avoir été oubliées : ces dix années où les Soviétiques ont mis le feu à l'Afghanistan, engageant dans leur combat des soldats de l'armée gouvernementale afghane, chair à canon offerte par un régime communiste qu'ils avaient eux-mêmes placés au pouvoir lors du coup d'État d'avril 1978. Cette période de dix années de guerre soviéto-afghane, curieusement devenue un point aveugle de l'histoire contemporaine. En Afghanistan, un certain terrorisme, dit islamiste, a plongé ses racines, puisé des forces, se gorgeant de haine contre les démocraties, largement aidé, financé, encouragé par des Pakistanais et des Américains. Qu'on le veuille ou non, c'est une vérité qu'il faut assumer si l'on veut encore oser se réclamer des droits de l'homme, d'une Déclaration Universelle insuffisamment traduite. Pas assez lue, sans doute.