L’héritage n’est pas tant le bien matériel qui amène trois français à se rendre à Tbilissi en Géorgie, que les fortes traditions géorgiennes, basées sur des codes d’honneur et transmises de génération en génération. Cet héritage-là, le trio d’hexagone va apprendre à le connaître à ses dépens, aux côtés de son traducteur et grâce - ou à cause - d’une rencontre fortuite avec un vieillard et son petit-fils. Le grand-père, investi d’une mission salvatrice pour sa famille, se rend dans le clan ennemi pour se sacrifier et mettre fin aux rivalités. Patricia, Jean et Céline n’ont aucun scrupule à s’immiscer dans le règlement de compte, équipés d’une caméra.
Dans ce film, Témour et
Gela Babluani dénoncent l’intolérance des étrangers dont les actes irréfléchis entraînent des conséquences dramatiques sur la vie des autochtones. Les Français sont l’incarnation parfaite de tous ces touristes irrespectueux qui piétinent la culture du pays dans lequel ils s’expatrient. Les réalisateurs, eux-mêmes Géorgiens, ont également voulu dépeindre les multiples visages de leur pays natal. Celui que l’on montre aux touristes avec les hôtels et restaurants de luxe et l’autre facette d’un pays pauvre frappé, de surcroît, par une guerre civile.
Les Babluani nous offrent une photographie et des cadrages magnifiques. Nous voyageons au fil des paysages pittoresques, accompagnés par une musique envoûtante aux couleurs locales. Si la nature nous touche et appelle à la contemplation, les humains nous laisse perplexes. Les interprétations manquent de nuance entre un
Stanislas Merhar, toujours à fleur de peau, un George Babluani arborant une tête de chien battu du début à la fin, et une
Olga Legrand dont les répliques sonnent faux. Si bien que l’on suit leur périple de loin sans se sentir vraiment impliqué dans cette histoire qui, par ailleurs, aurait pu être émouvante.
Gwendoline Jamesse