Vous êtes né dans le Midwest américain. Y avez-vous également passé une part de votre enfance ? Quelles attaches conservez-vous avec votre pays d’origine ?
Je suis né à Bloomington, la ville de l’université de l’Indiana. Quand j’avais 6 mois, mes parents sont retournés dans leur village familial, un petit bled au milieu des champs de maïs et de grandes exploitations agricoles. J’ai vécu là jusqu’à l’âge de six ans, jusqu’à ce nous partions vivre en Belgique. À partir de ce moment, et jusqu’à l’âge de 18 ans, j’ai fait des allers-retours vers les États-Unis, parfois pour six mois, parfois pour un an. Quand je vivais en Belgique, j’habitais également dans un petit village agricole et d’élevage mais ni mes parents, ni mes grands parents ne sont agriculteurs. En revanche, j’ai baigné dans cet environnement-là. J’ai clairement un sentiment très fort d’appartenance à cela, une terre et une communauté, dont je suis à la fois totalement issu et extrait. Les attaches que je conserve aujourd’hui avec les États-Unis sont familiales et culturelles. Toute ma famille est là-bas. Mes racines sont là-bas, mon existence est ici, ça crée forcément une forme de déchirement.