En pleine tourmente hivernale, Ursus, un forain haut en couleurs, recueille dans sa roulotte deux orphelins perdus dans la tempête : Gwynplaine, un jeune garçon marqué au visage par une cicatrice qui lui donne en permanence une sorte de rire, et Déa, une fillette aveugle.
Quelques années plus tard, ils sillonnent ensemble les routes et donnent un spectacle dont Gwynplaine, devenu adulte, est la vedette. Partout on veut voir ‘L’Homme qui rit’, il fait rire et émeut les foules.
Ce succès ouvre au jeune homme les portes de la célébrité et de la richesse et l'éloigne des deux seuls êtres qui l’aient toujours aimé pour ce qu’il est : Déa et Ursus.
« Gwynplaine est un gamin qui est fragile, qui cherche à être pris au sérieux, à âtre aimé. Il n’y a pas une once de méchanceté à l’intérieur de lui. Il est naïf, il regarde un peu la vie comme pour la première fois à chaque regard qu’il pose sur une chose. Je crois que c’est aussi dû au fait qu’il est les yeux de Déa, qui ne peut pas voir ; il est habitué à lui décrire ce qui est autour de lui, donc à âtre attentif à chaque détail... Ça lui donne une certaine naïveté ».
« Déa illustre bien la pureté, la fragilité, mais aussi la force. elle ne peut pas voir, forcément, et du coup elle ressent énormément, elle ressent l’âme des gens. Elle est fragile parce qu’on sent qu’elle a besoin de Gwynplaine. mais en même temps, elle est forte, parce qu’elle donnerait tout pour lui et parce qu’elle se sacrifie pour lui ».
« La Duchesse est un personnage un peu fatal, mais drôle, en même temps. Il y a quelque chose en elle de presque grotesque, tellement extrême. (...) c’est une séductrice mais, en même temps, elle a une part d’humanité ».
" Une lecture personnelle, foisonnante dans le romanesque et intellectuellement excitante. "
Pascal Binétruy (article entier disponible dans Positif n°623, page 35)
Le Figaro
" Un mélodrame romantique au fuselage très contemporain, propulsé par une fougue juvénile. "
Marie-Noëlle Tranchant (article entier disponible dans Le Figaro du 26/12/2012)
20 Minutes
" Bouleversant "
Caroline Vié (article entier disponible dans 20 Minutes du 26/12/2012)
VSD
" Conte cruel et soigné, mais déséquilibré par une interprétation inégale."
Olivier Bousquet et Bernard Achour (article entier disponible dans VSD n°1840, page 67)
Première
" Un mix de Tim Burton et de Terry Gilliam cohérent, et qui, sur la durée, se pare d'une grâce indéniable. "
A.P (article entier disponible dans Première n°430, page 70.)
En novembre 1971 était diffusé à la télévision française un feuilleton, en trois épisodes, tiré du célèbre roman de Victor Hugo L’Homme qui rit. parmi les nombreux téléspectateurs captivés par cette adaptation de Jean Kerchbron se trouvait un petit garçon de dix ans. Et pas n’importe quel petit garçon, puisqu’il deviendrait plus tard réalisateur à son tour : Jean-pierre Améris.
Victor Hugo a écrit L’Homme qui rit entre 1866 et 1869, durant son exil politique dans les i'îles anglo-normandes. Le roman a déjà été porté à l’écran à trois reprises, mais l’adaptation la plus mémorable reste sans conteste l’époustouflante version muette de Paul Leni, en 1928, avec Conrad Veidt.
L’Homme qui rit est le douzième film de Jean-pierre Améris. tous ont en commun de mettre en lumière des exclus ou des « éclopés ». « Je m’identifie à eux », dit-il. « Je fais toujours des films sur les gens que l’on met de côté, pour les placer au centre de l’écran. c’est le sens que ça a, pour moi, de faire du cinéma ». Gwynplaine ne fait pas exception à cette règle.
« Le génie d’un écrivain comme Victor Hugo, c’est qu’il est absolument intemporel », observe Améris. « Je voulais dégager cette histoire de son cadre historique pour qu’on ne se dise pas, « ah, c’est une histoire du XVIIe siècle, en Angleterre ». Non, cça parle absolument du présent, de l’éternité de l’être humain, qui est fragile, idéaliste, peut se laisser corrompre – pur et impur ».
« Pour faire un film, il faut avoir des partis pris forts », insiste Améris. « après le succès des Émotifs Anonymes, tout le monde me disait « mais, refais une comédie ». et moi, j’arrive avec L’homme Qui Rit, qui se termine par un double suicide ! Donc, il faut avoir un désir très fort, une nécessité de faire les choses. et aussi des partis pris ».
Selon Jean-Pierre Améris, « l’histoire entre Gwynplaine et Déa, c’est l’amour absolu ». Ce qui débute comme un amour fraternel se change peu à peu en un amour romantique. « Elle a du désir pour lui, il a du désir pour elle. mais pour Gwynplaine, il y a une espèce d’impossible. Il pense « elle est aveugle, si elle me voyait, elle me trouverait repoussant et elle ne pourrait pas m’aimer ». Il n’arrive pas à dépasser ça. c’est ce qui est la cause de tous leurs problèmes ». alors, Gwynplaine s’autorise des distractions avec la duchesse, qui ne s’intéresse à lui que sur un plan purement charnel. cela plonge Gwynplaine dans un état de confusion émotionnelle et sexuelle. Quand elle en a fini de lui, il se lance dans le monde de la politique, où il se fait à nouveau rejeter, par le parlement cette fois. Finalement, une fois qu’il a tout perdu, Gwynplaine revient à la raison. Il repart sur le champ de foire pour découvrir que ses actes ont brisé le cœur de Déa et qu’ils l’ont conduite à prendre de l’arsenic. tous deux sont réunis l’espace d’un court instant – juste assez long pour qu’ils puissent se déclarer l’un à l’autre leur flamme éternelle. au moment où Déa perd connaissance, Gwynplaine la rejoint dans la mort en sautant dans le fleuve.