Si
Ong-bak avait un scénario qui pouvait tenir sur deux pages d'un cahier d'écolier, il avait au moins le mérite de nous présenter le nouveau dragon
Tony Jaa, et d'enchaîner des combats et des cascades toujours plus impressionnants, le tout saupoudré d'une petite pointe d'humour. Bref,
Ong-bak divertissait. C'est donc avec un avide besoin d'adrénaline que l'on découvre le nouveau long métrage du duo
Prachya Pinkaew /
Tony Jaa… La déception est grande : le film donne carrément l'impression d'avoir été fait à la va-vite. Le scénario n'a ni queue ni tête - ça commence comme Trente millions d'amis, ça finit en mauvais Street Fighter, avec au milieu quelques courses poursuite en hors board et voiture de police… Les combats à la David contre Goliath se succèdent sans aucune logique et sont plutôt répétitifs - on ne cesse alors de se demander si c'est sur la croix ou sur le carré qu'il faut appuyer pour enchaîner coup de poing et coup de pied.
Si
Ong-bak innovait au niveau fight et cascades,
L'honneur du dragon remâche des codes déjà maintes fois usités, tel que les champions de catch, les centaines de yakuzas en costards, la mafia omniprésente avec ses blousons noirs à pointe et paillettes, ou encore les décors de temples en flammes avec statues de Bouddha en arrière-plan. Côté montage, c'est pareil, le film donne l'impression d'avoir été coupé à la hache, et multiplie les ellipses à nous faire perdre le fil et la boule.
L'honneur du dragon frôle alors le kitsch et la parodie… Mais où es-tu allé te fourrer, petit scarabée ? On attend le suivant, qui espérons, rendra cette fois honneur au dragon.
Aurélie Maulard