Premier conflit international a s’être largement affiché sur grand écran (
Actualités Pathé et consorts), la Seconde Guerre Mondiale a régulièrement donné son lot de films et téléfilms, du
Jour Le Plus Long à
Il Faut Sauver Le Soldat Ryan en passant par
Lucie Aubrac ou
La Liste De Shindler. Avec
Max (2003), puis
La Chute (2005), on semblait en plus redécouvrir un des aspects peu traités de ce conflit : la guerre du côté des méchants, notamment Adolf Hitler. Si le dictateur nazi reste le plus tristement connu cinématographiquement par rapport aux autres tyrans européens, on trouve toutefois quelques exemples de longs-métrages venant contrebalancer la donne. Ainsi Mussolini – lui-même grand amateur de cinéma – a eu droit à sa transposition sur grand écran, notamment dans
Les Derniers Jours De Mussolini en 1974 (on préfère oublier la tambouille que représentait
Un The Avec Mussolini avec Cher).
Il est toujours intéressant d’observer comment la petite lucarne se penche sur l’Histoire. Grâce au support dvd, nous pouvons aujourd’hui découvrir une des pierres posée par la RAI à l’édifice historique :
La Chute de Mussolini. Casting international prestigieux, sujet fort (le titre à lui seul est tout un programme), etc. La chaîne italienne semble tenir un succès de
prime time.
Joli programme, certes, mais malheureusement pour ceux qui s’attendraient à une grande fresque historique, le résultat est loin de combler les attentes... à commencer par le scénario. Pour les spectateurs qui espèrent percer un peu plus le secret de Mussolini – l’homme et le dictateur - la déception risque d’être au rendez-vous : le
Duce (
Bob Hoskins absent) apparaît comme une marionnette tantôt capricieuse, tantôt désabusée. Le véritable « héros » du film s’avérant être son gendre (Hopkins), un Ministre des Affaires Etrangères aux motivations aussi curieuses qu’obscures… jusqu’à en être ennuyeuses. De plus, à moins d’être callé en géopolitique italienne, on risque fort de rapidement se perdre dans une intrigue temporellement et psychologiquement sautillante. Un peu déçus, on se dit que le format « Saga du Dimanche » promet au moins une grande histoire d’amour. Rien, niet. Le film demeure invariablement aussi froid que sa photo et aussi coincé que son cadrage. Le support dvd n’apporte malheureusement rien de plus : l’image et le son sont certes respectés, mais semblent vieillots, seule la VF est disponible, le menu est triste à mourir et les bonus sont tout simplement inexistants.
C’est simple : sans
Anthony Hopkins et
Susan Sarandon inspirés, on se croirait au Musée Grévin.
Eléonore Guerra