Cela faisait si longtemps que le cinéma fantastique ne nous avait pas fait tressaillir. Il y eut bien sûr l’horrifique
The Descent, chef d’œuvre cruellement réussi perdu dans une salve de remake bien trop souvent loin de l’horreur suscitée par leurs prédécesseurs. Et voilà que débarque un p’tit frenchie du côté d’Hollywood pour que la donne change du tout au tout. Le cinéma fantastique serait-il encore en vie ? Il se pourrait bien, car cette colline lui a fait gravir une montagne.
Pour ceux qui ont grandi avec le film de
Wes Craven,
La colline a des yeux version 1976 est plus qu’un mythe… C’est donc avec un brin d’appréhension que l’on jette un coup d’œil à cette colline-là. Mais voilà que dès les premières minutes, même le plus grand fan de
Wes Craven peut lui faire les yeux doux. Car, au delà d’un simple remake,
Alexandre Aja donne au film une nouvelle jeunesse - mieux, une renaissance.
The Descent jouait sa partition ensanglantée dans le noir...
La colline l’affronte au grand jour, sous un soleil de plomb et sous le regard fou à lier d’une bande de dégénérés issus de la folie des hommes.
Alexandre Aja et son compère
Grégory Levasseur ont su garder la même trame mais l’ont développé, enrichi et adapté au goût du jour, le tout sans en faire trop et jonglant avec des codes parfaitement assimilés. La mise en scène est maîtrisée, le gore limité et arrivant à point nommé lors d’une séquence quasi apocalyptique… Et la peur joue les invités d’honneur d’un survival comme on n’en faisait plus. Tout sonne cruellement juste et si réel que jamais ne vous viendra l’idée de faire le trajet en voiture pour les vacances à venir !! C’est dur, gore, superbement horrifique, trash à souhait… et absolument immanquable.
On nous avait appâté avec un Hostel sordide, promis des massacres à coup de tronçonneuses ou de maison hantée à Amytiville nouvelle génération… Oubliez tout ce que vous aviez vu.
The Descent avait sonné la révolution.
La Colline a des yeux a déclaré la guerre.
Aurélie Maulard