Alors que les jeunes Etats-Unis tentent de se relever d’une Guerre de Sécession qui les a meurtris, la soirée du 14 avril 1865 va s’avérer des plus funestes : Abraham Lincoln, seizième président de cette fragile union est assassiné. Un meurtre politique qui va ébranler l’équilibre précaire du pays …
Le procès méconnu d’un assassinat mythique…
On se demande parfois si
Robert Redford n’aurait pas légèrement raté sa vocation tant son amour pour l’histoire et son petit côté donneur de leçon ressurgissent aussi régulièrement que son sourire ultrabright. Ne vous méprenez pas, nous respectons totalement son engagement (que nous saluons d’ailleurs), celui-ci ayant le mérite de nous pousser à nous interroger sur le monde géopolitique qui nous entoure. Il n’est certes pas toujours adroit dans sa démarche, mais elle existe tout de même.
Après son
Lions Et Agneaux (plaidoyer contre l’administration guerrière de Bush), l’acteur-réalisateur poursuit donc sa réflexion sur l’influence de la politique d’état sur la vie du citoyen à travers le fait divers le plus célèbre de l’Histoire américaine.
La Conspiration se penche ainsi avec intérêt sur l’incroyable bras de fer juridico-patriotique qui résulta du complot meurtrier à l’encontre de Lincoln (celui-ci ayant jeté en pleine lumière les terribles dissensions déchirant le pays), mettant en avant l’affrontement – toujours d’actualité – entre les libertés individuelles (des accusés) et la toute puissante raison d’Etat.
En se concentrant sur la relation
a priori bancale entre Mary Surratt (seule femme du complot et première condamnée à mort de l’Histoire nord-américaine) et son avocat Frederick Aiken, et la bataille de ces derniers pour faire prévaloir un semblant d’équité dans un procès politique ayant pour but affiché de punir – coûte que coûte – les coupables,
La Conspiration déroule sagement son plaidoyer démocratique.
Comme toujours chez
Robert Redford, les acteurs sont choisis avec soin (
Robin Wright et
James Mcavoy sont appliqués) et la copie est sagement didactique et appuyée. Trop, à l’évidence (si vous ne comprenez pas le message « Attention, de tels abus gouvernementaux existent toujours ! », c’est que vous avez dormi pendant le film), mais, encore une fois, il ouvre le débat. Ainsi, malgré une mise en scène un peu lourde (rattrapée par une reconstitution historique efficace) et quelques longueurs,
La Conspiration risque tout de même de vous titiller les méninges…
Eléonore Guerra