Pendant longtemps,
La Femme au Portrait fut le seul film américain des années 40 signé par Lang à trouver grâce auprès de la critique et des ciné-clubs. Ce succès critique peut être attribué à une certaine lenteur du récit qui développe avec minutie et classicisme son sujet en le faisant commenter par d'abondants dialogues; à l'interprétation très "psychologique" d'
Edward G. Robinson dans le rôle d'un quinquagénaire victime, presque malgré lui, du démon de midi ; enfin à un dénouement-surprise qui fit couler beaucoup d'encre. Loin d'être un simple artifice de récit ou une concession à la morale conventionnelle, il représente le "climax" dramatique de l'intrigue et l'aboutissement de cette profonde dualité d'inspiration qui régit, avec une grande diversité, l'univers formel de chaque film de
Fritz Lang.