Comment est née l'idée de La Fenêtre d'en face ?
D'un événement qui s'est réellement déroulé, comme pour tous mes films. Il y a une quinzaine d'années, alors que nous étions, mon ami et moi, en train de nous disputer sur le pont où dans le film on découvre le personnage de Davide, nous avons aperçu un vieil homme qui semblait perdu. Nous l'avons pris dans notre voiture. Au départ, je pensais que c'était un escroc, mais il était bel et bien perdu. Nous avons fait le tour de Rome pour trouver sa maison, puis il s'est rappelé qu'il habitait à côté du Colisée. Et nous l'avons laissé là. Il nous a expliqué qu'il ne sortait plus de chez lui depuis plus de vingt ans, mais qu'à la suite d'une dispute avec sa belle-fille, il était tellement énervé qu'il avait décidé de sortir et de marcher sans s'arrêter. Puis il avait été pris de panique par le trafic et la vie moderne, et s'était retrouvé complètement déboussolé. Cet homme m'a profondément marqué. Il m'est même souvent arrivé de pleurer en repensant à son visage. Et bien que les années aient passé, je me suis toujours demandé pourquoi ce type avait décidé de ne plus sortir de chez lui. Je me suis aussi inspiré d'un couple d'amis pour les personnages de Filippo et Giovanna. Autant cette amie est très active et très intelligente, autant son mari bloque ses envies.