Sorti en salles et en compétition au Festival de Cannes en 1960,
La Fille à La Valise révélait au grand public la belle
Claudia Cardinale, alors sublime dans le rôle d'une trop jolie fille perdue dans un monde d'hommes sans scrupules, qui rêve d'amour sans trop savoir ce que c'est. Le film faisait également découvrir son créateur,
Valerio Zurlini, déjà bien connu dans son pays d'origine, l'Italie. Méconnu en France, ce film est pourtant l'une des œuvres majeures de l'après-guerre, et s'il sent inévitablement peser le poids des ans, il n'en reste pas moins intéressant pour sa vision de la femme, et surtout ces deux acteurs principaux.
Claudia Cardinale, gracieuse, amoureuse, perdue, qui n'a rien à envier aux pin-up actuelles, et
Jacques Perrin, tout jeune acteur d'à peine dix-huit ans, la peau lisse et les gestes d'une douceur absolue. Même si le traitement du film peut aujourd'hui paraître obsolète, son sujet n'en est pas moins universel, et le drame qu'il raconte a une résonance finalement très actuelle. La belle Claudia n'est qu'une jolie fille perdue dans un monde de brutes, pris dans un cercle machiavélique entre prostitution, argent, et finalement, amour. Un mélo qui se transforme vite en film noir et désespéré, tout en retenue, en silence, en non dits, mais qui, dans sa forme, finit parfois par lasser. Certaines réactions des personnages paraissent désuètes, et le film traîne en longueur à trop s'enfermer dans ses silences. Sauver par sa sincérité et ses deux acteurs aux jolis minois,
La fille à la valise devrait surtout plaire aux nostalgiques du cinéma d'après guerre.
Aurélie Maulard