Comment vivre le deuil ? Comment survivre à la disparition d'un être cher, de
l'être cher ? C'est à cette difficile question que
Naomi Kawase (Caméra d'Or 1997 pour
Moe No Suzaku) tente de répondre avec
La Forêt de Mogari.
C'est la rencontre de deux cœurs brisés par la vie : l'un par la disparition de sa femme 33 ans auparavant, l'autre par la perte accidentelle de son enfant. C'est la relation bancale entre ces deux êtres que tout sépare, mais que la douleur rapproche ironiquement.
Si le film de Kawase souffre de certaines longueurs, sa vision onirique de l'acceptation du deuil est bouleversante. Très peu de dialogues, beaucoup d'indices et une photo réaliste mais de toute beauté ;
La Forêt de Mogari choisit - à l'instar de
Lumière Silencieuse - la voie de la contemplation. Au crédit de Kawase : une approche plus humaine et en cela, bien plus touchante.
Une petite bulle de poésie sur la Croisette…
Eléonore Guerra