Des couleurs et une composition extraordinaire, comme si dès le début du film de
Peter Webber, on pénétrait entièrement dans la peinture de
La jeune fille à la perle mieux connue sous le nom de
La jeune fille au turban de Vermeer. Le pinceau de l’artiste et le travail du réalisateur se confondent et chaque teinte se superpose pour donner une impression de délicatesse, de pureté et d’authenticité à l’ensemble. La Jeune fille à la perle est le premier long-métrage de
Peter Webber et c’est une véritable réussite. Le film, adapté du roman de Tracy Chevalier, se distingue clairement des superproductions hollywoodiennes et tant mieux. En effet, en racontant le livre comme il a été écrit, Peter Weber donne une image aux mots et une perspective aux sentiments et le résultat est sublime.
Griet est la jeune fille à la perle, mais bien avant de devenir l’objet du désir du grand Vermeer, elle est la servante de sa maison, qui doit se démener entre les nombreux enfants du maître et des tâches toujours plus difficiles. Mais cette jeune fille possède en elle une sensibilité lumineuse, elle perçoit l’harmonie des couleurs et des formes. C’est cette particularité qui séduit Vermeer et les mène tous deux dans une intimité grandissante. Pourtant, l’affection qui les lie repose sur le non-dit et leur désir se résume simplement à des gestes très furtifs. Le film La Jeune fille à la perle n’est ni une comédie romantique, ni un drame, c’est tout simplement l’histoire d’un tableau.
Scarlett Johansson qui joue Griet est éblouissante. L’actrice interprète un personnage qui parle très peu et pourtant, elle réussit à faire passer d’intenses émotions uniquement par son regard. La comédienne incarne le modèle du tableau à merveille, son teint de porcelaine fait si bien illusion qu’on dirait le sujet originel même… Troublant. On regrette que
Peter Webber n’ai pas donné une place plus important au peintre Vermeer joué par
Colin Firth. Rien à redire à la prestance de l’acteur, mais la personnalité du protagoniste n’a pas été utilisée au maximum de ses possibilités. Le caractère tortueux, profond et extrêmement fort de Vermeer n’apparaît pas vraiment à l’écran. Dommage…
Le film plaira sûrement plus aux aficionados de l’art et du peintre Vermeer,
Peter Webber signant ainsi un très beau début de carrière comme cinéaste du grand-écran.
Sohini Gogel