Il était une fois, dans une contrée lointaine, très lointaine, le beau Rodrigue, fou amoureux de la splendide Chimène. Le beau blond donnerait sa vie pour la belle brune, et cette nièce de roi n'a d'yeux que pour son preux chevalier. Tout irait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes, si la vie n'était pas venue se jouer des deux tourtereaux ! A l'heure où Shrek se marie et la ferme se rebelle, l'Espagne nous propose le Cid façon conte pour enfants en bas âge, loin de l'histoire que nos chérubins lurent ou liront sur les bancs de l'école. D'ailleurs le scénario, prévisible et sans grande surprise, risque de lasser les spectateurs de plus d'un mètre trente. Réunissant les ingrédients habituels – petit animal malin comme un singe, cheval caractériel et jaloux, amitié à toute épreuve et amour plus fort que tout –, le film s'éloigne très vite de la version originale et historique pour plonger dans l'eau de rose et la pure fantaisie.
Alors que la 2D passe actuellement la 3e, LA LEGENDE DU CID souffre d'un côté vieillot et presque dépassé : le montage est parfois saccadé, l'animation pas toujours parfaite et les quelques images de synthèse tombent comme un cheveu sur la soupe. Le plus déconcertant restant sans aucun doute les dessins en eux-mêmes. Dur de rentrer dans l'univers de ces mastodontes aux bras comme des cuisses d'éléphants et aux poignets d'une finesse à faire criser Barbie ! Au final, LA LEGENDE DU CID manque d'une dimension universelle et cinématographique. Loin des autres films d'animation présentés sur grand écran, ce long métrage se rapproche plus des dessins animés du mercredi à la télé. Le Cid aurait-il vu trop grand ?
Aurélie Maulard