La ligne blanche est votre premier long métrage mais vous avez déjà réalisé plusieurs courts et moyens métrages très remarqués. On y trouve une certaine continuation dans la part d’ombre de vos personnages, souvent décalés…
Si ce que vous nommez “part d’ombre” a à voir avec une certaine intimité des personnages, lors bien sûr, leur part d’ombre est mon seul souci. il me semble évident que l’intimité des “êtres” au cinéma, dévoile le monde qui les entoure, l’époque qu’ils traversent. Ceci dit, il est curieux de nommer part d’ombre, l’intime… en même temps pourquoi pas, la ligne blanche est une image qu’utilisait antoine Vitez ; il traçait un cercle blanc à la craie : « à l’intérieur on joue, à l’extérieur on ne joue plus ». C’est ce mouvement qui m’intéresse, ce franchissement, c’est le point de départ du film. Le sujet de La ligne blanche pourrait être le métier d’acteur. Comme si on posait la question : c’est quoi un acteur et comment ça marche ? Je pense que le jeu, au cinéma comme au théâtre, se construit autour de la transgression, de l’interdit. C’est d’ailleurs ce fantasme là qu’il offre au spectateur. Ceci étant dit, la posture de Jean (
Pascal Bongard) est bien confortable et facile, je n’allais donc pas le laisser s’en sortir comme ça… L’irruption de son fils dans sa vie, comme un principe de réalité, me semblait évidente.