Quel a été le point de départ de La mer à boire ?
Avec Pierre Chosson, mon co-scénariste des
Liens Du Sang, avec qui j’ai écrit aussi les films que j’ai réalisés pour Arte (
Un Singe Sur Le Dos et
Froid Comme L'été), on s’est mis en quête d’un sujet. On a commencé à parler de tout et de rien, de nos envies, de nos idées et puis, un jour, je lui ai montré
Mado de Claude Sautet en lui disant que j’aimerais bien raconter l’histoire d’un petit patron à la Sautet, d’un homme dans la cinquantaine combatif mais miné de l'intérieur, presque au bout du rouleau... On commençait à réfléchir autour de ce personnage lorsque le patron d’un petit chantier naval à La Rochelle s’est suicidé. On s’est alors dit qu’on pourrait situer notre histoire dans cet univers... Les bateaux, la mer, on trouvait ça cinématographique. C’est en se confrontant à ce milieu qu’on avait choisi sans trop le connaître que l’actualité nous a rattrapés : le secteur du nautisme traversait une grave crise économique depuis la crise financière de 2008. On ne s’était pas dit : «On va faire un film sur la crise », on était partis du personnage, en se demandant : «Qu’est-ce qu’il peut vivre ?», et puis, la crise s’est imposée à nous.