Déroutant et intime, ce film tourné à la façon d’un documentaire nous entraîne dans le quotidien de mendiants chinois. Sillonnant les villes à la recherche de quelques sous, un couple décide d’acheter une petite fille qui a perdu l’usage de ses jambes. Le réalisateur signe un premier long-métrage froid et sans concession sur le sort de ces reclus. Malgré un récit souvent intéressant, on déplore la qualité des images (la caméra à l’épaule oscille sans arrêt au point de rendre le visionnage difficile), et le scénario peine à maintenir le fil de l’histoire. On suit les terribles aventures de cette enfant qui ne parle pas, ne bouge pratiquement pas, tel un pantin, transporté au gré des humeurs de ceux qui l’utilisent pour mendier. Elle est pourtant le catalyseur de toute l’intrigue de cette histoire triste et moche. La môme relie les personnages les uns aux autres. Des personnages aux allures spectrales, suspendus entre la nécessité de survivre et le néant. Ils arrivent à nous heurter violement.
Le tableau est consternant, noir au possible. Les conditions de vie misérables des mendiants provoquent bien évidemment l’indignation et constituent un terrain de réflexion sur la vie de cette catégorie sociale dont on fait très peu écho sur nos écrans.
Un oeil qui explore ceux que l’on aurait trop rapidement voulu faire disparaître en détournant le regard. A fixer le temps d’un déclic.
William Dubreuil