Dans les années 80, le réalisateur
Peter Hyams est un solide artisan du cinéma de genre. Après avoir offert à la science-fiction un de ses chefs-d’œuvre (OUTLAND) et dominé le cinéma paranoïaque (CAPRICORN ONE), Hyams redynamise le thriller policier avec LA NUIT DES JUGES. Considéré à juste titre comme un des meilleurs films du cinéaste, LA NUIT DES JUGES est adapté d’un roman éponyme de Roderick Taylor (qui signe d’ailleurs le scénario du film en collaboration avec Hyams). Surfant – dans sa première partie – sur la vague du film d’auto défense très en vogue à l’époque (grâce à des films comme VIGILANTE de William Lustig et PHILADELPHIA SECURITY de Lewis Teague), Hyams prend rapidement le sujet à contre-pied en condamnant la vindicte vengeresse d’hommes censés représenter l’ordre et la loi. Plus intelligent qu’il n’y paraît, le film offre au final une réflexion intéressante sur les travers et les faiblesses du système judicaire américain, tout en pointant du doigt les perversions d’une justice expéditive. Mené par
Michael Douglas (dans son premier grand rôle) et les toujours impressionnants Hal Holbrook (LA FIRME) et Yaphet Kotto (JAMES BOND : VIVRE ET LAISSER MOURIR), LA NUIT DES JUGES est un thriller de haute volée qui bénéficie du savoir-faire indéniable de
Peter Hyams. Lequel ponctue son film de quelques séquences d’anthologies dont une poursuite en voiture spectaculaire et une scène d’ouverture impressionnante de nervosité. Solidement charpenté, doté d’un suspens allant crescendo, le film s’est imposé comme un des plus grands classiques du cinéma policier des années 80. Une vraie perle à (re)découvrir de toute urgence.