Tundup et Kenrap, père et fils
« A la ville, nous serons maçons, nous serons les serviteurs des autres. Que faire ?» demande Tundup. L’homme, drôle et généreux, amoureux de ses montagnes et attaché à son mode de vie, se désespère de voir sa communauté s’éteindre. Le départ de chacun les affaiblit tous : « Nous ne sommes même plus assez nombreux pour danser !» Il continue : « Si mon fils part, je ne pourrai pas rester seul. » Car son fils Kenrap ne veut plus de « cette vie de nul », il rêve de la ville, ses voitures, son confort. « Tous les jours faire la même chose, ça ne m’intéresse pas ! » avoue-t-il. Bavard et volontiers blagueur, Kenrap devient timide et silencieux en présence de son père : « Je n’ose pas lui dire que je veux partir, ça le mettrait en colère et un fils ne doit pas mettre son père en colère. » Le conflit de génération est vécu en sourdine et la caméra fonctionne alors comme une confidente à qui dire ses doutes et ses espoirs.