A Glasgow, Robbie, tout jeune père de famille, est constamment rattrapé par son passé de délinquant. Il croise la route de Rhino, Albert et la jeune Mo lorsque, comme eux, il échappe de justesse à la prison mais écope d’une peine de travaux d’intérêts généraux.
Henri, l’éducateur qu’on leur a assigné, devient alors leur nouveau mentor en les initiant secrètement… à l’art du whisky !
De distilleries en séances de dégustation huppées, Robbie se découvre un réel talent de dégustateur, bientôt capable d’identifier les cuvées les plus exceptionnelles, les plus chères.
Avec ses trois compères, Robbie va-t-il se contenter de transformer ce don en arnaque - une étape de plus dans sa vie de petits délits et de violence ? Ou en avenir nouveau, plein de promesses ?
J’ai travaillé avec Ken et Rebecca il y a quelques années sur Le Vent Se Lève, et ils m’ont donc contacté. Personne n’a accès au scénario intégral en dehors d’eux, et ils le gardent secret, mais on m’a expliqué qui était le personnage de Thaddeus dans les grandes lignes, j’étais disponible et ravi de pouvoir le jouer.
Qu’est-ce qui vous a intéressé dans cette histoire ?
À la fin de l’année dernière, en Angleterre, le nombre de jeunes au chômage a dépassé le million pour la première fois. On voulait parler de cette génération de jeunes gens, dont beaucoup n’ont aucune perspective d’avenir. Ils ont la quasi-certitude qu’ils ne trouveront pas de boulot, de boulot fixe et stable. Quel effet cela peut-il avoir sur ces jeunes et quelle image ont-ils d’eux-mêmes ?
Je joue Harry, l’un des éducateurs qui supervisent les travaux d’intérêt général qu’effectuent Robbie, Mo, Albert et Rhino. Il s’entend bien avec eux, il décèle leur potentiel, et il décide donc de les emmener en excursion pour une journée car la plupart d’entre eux n’ont jamais quitté Glasgow. Il prévoit la visite d’une distillerie et c’est à partir de là que l’histoire commence vraiment.
J’avais déjà tourné quelques films avec Ken, puisque j’ai joué dans Sweet Sixteen et Tickets. Il se souvenait sans doute de moi puisqu’il m’a passé un coup de fil pour me demander de venir le voir. J’y suis allé et il m’a raconté le film dans les grandes lignes, sans m’en donner trop de détails. Il m’a demandé si je voulais y participer, et c’était le cas. Mais il se trouve que j’ai un boulot par ailleurs – je travaille pour le service de nettoyage urbain de la ville – et j’ai donc dû prendre sept semaines de congé sans solde.
On m’a contactée par une agence, et j’ai passé cinq ou six auditions avant de décrocher le rôle. Il s’agissait d’improviser avec six ou sept personnes différentes, et de jouer différentes choses dans plusieurs situations, mais on ne m’a jamais dit quel personnage je jouais ou ce que racontait le film. En fait, c’était assez exaltant car, du coup, on a très envie de tout savoir. Le jour où j’ai appris que j’étais retenue, on nous a aussi dit – à moi et à l’ensemble des comédiens – quels personnages on allait interpréter. Ce même jour, j’étais censée aller à une autre audition, et je n’ai donc pris conscience que j’avais été prise que quelques jours plus tard.
Il a un petit côté « bad boy ». C’est un type sarcastique, qui aime blaguer et faire rire les autres. Il s’entend bien avec tout le monde, et il est toujours prêt à tenter de nouvelles expériences. Pour autant, je n’ai toujours pas compris pourquoi il s’appelle Rhino. Peut-être parce qu’il a le cuir épais. Ou qu’il est tout le temps excité. Quoi qu’il en soit, il se retrouve au tribunal parce qu’il escalade des statues et qu’il les coiffe avec des plots. Et il aime bien embêter les flics ce qui, je dois le dire, est assez amusant !
C’est un personnage très intéressant. Elle vient d’une famille qui travaille dur, et qui lui a inculqué les bonnes manières et un vrai sens des valeurs. Mais son père, de toute évidence, n’a pas reçu la même éducation. Il a eu une enfance difficile et n’a pas vécu dans un quartier bourgeois. Il l’a élevée pour qu’elle ait un meilleur avenir que lui. Et puis, elle a commencé à sortir avec ce garçon, Robbie, qui vient d’un milieu comparable à celui de son père, et cela ne plaît pas beaucoup à sa famille.
Je joue mon propre rôle, un spécialiste du whisky qui anime une dégustation à Édimbourg ; il est consulté pour déterminer la provenance des meilleurs whiskies au monde. C’est mon premier rôle dans un film. Enfin, la dernière fois que je suis monté sur scène, c’était dans le « FAUST » de Marlowe dans une mise en scène de mon école. J’ai été très flatté qu’on fasse appel à moi. Mais Dieu merci, Ken fonctionne sans scénario – je n’aurais pas pu le faire avec un scénario. En revanche, je n’ai pas eu trop de problèmes à improviser.
Je faisais du vélo le long du canal lorsque j’ai reçu un coup de fil de mon agent qui voulait que je rencontre Ken Loach le lendemain. J’ai vu Rebecca et Ken dans leur bureau et on a eu une conversation plutôt sympa. Vingt minutes plus tard, Rebecca m’appelait pour me demander si j’étais partant pour travailler avec eux. Dès le départ, tout s’est très vite enchaîné !
Le Travail d’intérêt général est une peine - alternative à l’emprisonnement - inspirée du dispositif britannique du Community Service Order et introduite en droit français par une loi du 10 juin 1983. Il s’agit pour la personne condamnée à accomplir un TIG, le « TIGiste », d’effectuer gratuitement un travail auprès d’une collectivité territoriale, généralement une mairie, ou d’une association pour une durée de 20 à 210 heures dans un délai maximal de 18 mois. Cette peine ne peut être prononcée qu’avec l’accord du condamné, en raison de l’interdiction du travail forcé. L’inexécution du TIG est une infraction punie de 2 ans d’emprisonnement et 35 000 euros d’amende. Cette peine est généralement prononcée en répression d’infractions contre les biens (dégradation, vol..). Elle est particulièrement utile lorsque la personne condamnée ne travaille pas. Dans ce cas, la peine permettra d’éviter l’incarcération du délinquant, d’apporter quelque chose à une collectivité ou une association, et de remettre la personne sur le chemin de l’insertion professionnelle, celle-ci devant respecter un cadre, des horaires et travailler en équipe.
" Un Loach de la plus belle eau, fin, léger, raconté comme un conte. "
Patrick Flouriot (article entier disponible dans Les Fiches du Cinéma n°2026, page 26 ou sur le site Les Fiches du Cinéma)
Première
" Mi-comédie, mi-tragédie, La Part Des Anges paresse un peu en cours de route. Mais le constat obstiné d'une Grande-Bretagne en déliquescence sociale sous-tend le portrait réjouissant d'une humanité complexe, incarnée par des acteurs aux trognes inénarrables et à la criante justesse. "
Isabelle Danel (article entier disponible dans Première n°424, page 48)
Studio Ciné Live
" C'est rocambolesque mais toujours réaliste, métaphorique à souhait (…), et d'un humanisme rédhibitoire. "
Thomas Baurez (article entier disponible dans StudioCinélive n°39, page 32)
Metro
" La Part Des Anges est une fable sociale revigorante qui se déguste comme un bon petit malt. "
Rania Hoballah (article entier disponible dans Metro du 26/06/2012)
20 Minutes
" La Part Des Anges, prix du jury à Cannes, entraîne avec bonne humeur une bande de jeunes délinquants vers un Graal liquide et lucratif, un tonneau de très vieux scotch rarissime. "
Caroline Vié (article entier disponible dans 20 Minutes du 27/06/2012)
" L'éclat de rire du festival! Du whisky pas pour gogos. "
Eric Neuhoff (article entier disponible dans Le Figaro du 22 mai 2012)
Télérama
" Mais ce qu'il réussit toujours, c'est la naissance de la fraternité chez les humbles et les paumés : il la filme avec force et bienveillance, sans chichis, ni flaflas. "
Pierre Murat (article entier disponible sur Télérama.fr)
Le Monde
" Le film tient à la fois de la comédie sociale et de la fable consolante. "
Jacques Mandelbaum (article entier disponible dans Monde du 23 mai 2012)
Les Inrocks
" Loach déploie le récit de la revanche des petits contre les riches tout en rendant hommage au génie démerdard et comique des classes populaires : vannes à gogo, argot en surchauffe, accent scottish... "
S.K. (article entier disponible dans Les Inrocks n°861, page 68)
Le Point
Le Point " Un cru rond en bouche, très fruité. "
F.C & F.-G.L. (article entier disponible dans Le Point n°2076, page 106)
Notre précédent film relatait une histoire tragique. Dans celui-ci, nous avons voulu non seulement explorer un style nouveau mais également changer de registre. Nous voulions être réalistes, tout en ajoutant une petite dose de magie. C’est l’histoire d’un talent gâché, mais aussi le récit d’un nouveau départ.
Nous avons vraiment commencé à envisager de faire ce film un jour de repos. Je tiens à préciser que ce jour-là, nous nous baladions dans la région de Bath, Paul, Ken et moi. Paul était intarissable sur les personnages qu’il avait en tête.
Il souhaitait se replonger dans l’univers de My Name Is Joe, Sweet Sixteen et Just A Kiss, dans le monde de ces gens, et ce milieu qu’il connaît si bien. Il voulait aborder les problèmes actuels comme le chômage des jeunes, et les replacer dans son environnement préféré. Plutôt que d’être didactique et donneur de leçons, il a imaginé une jolie parabole autour de la part des anges qui montre qu’il est possible d’améliorer le cours des choses. Ce n’est pas insurmontable d’améliorer la situation, et c’est ce que Paul suggère dans son scénario.
Je travaillais dans une maison de quartier quand j’ai fait la connaissance du scénariste Paul Laverty. Je participais à un projet baptisé « Initiative de quartier pour réduire la violence », en partenariat avec la police de Strathclyde. Paul connaissait l’histoire de ma vie, mais pas mal de gens la connaissaient car j’étais intervenu dans plusieurs maisons de la jeunesse et écoles où j’avais été entraîneur de foot.
Au départ, on comptait tourner à Islay car c’est là que se déroulait l’intrigue dans le scénario. On s’est rendu sur place et on a visité toutes les distilleries du coin, mais c’était trop compliqué sur le plan logistique. Du coup, au bout de deux semaines après mon arrivée sur le film, on a abandonné l’idée de tourner à Islay. Et on a consacré les quinze jours suivants à faire des repérages et à sillonner les distilleries de l’Écosse continentale. Charles Mclean nous a été d’une aide précieuse dans nos recherches et nous lui avons également demandé conseil pour tout ce qui touchait de près ou de loin à l’univers du whisky.