LA PELOTE BASQUE, LA PEAU CONTRE LA PIERRE de
Julio Medem nous présente la complexité du problème basque marqué depuis un centenaire. Outre l’intérêt de ce documentaire exclusif pour sa multitude de témoignages d’hommes politiques, d’écrivains, de journalistes, de victimes, de sociologues et d’artistes,
Julio Medem a le mérite de vous éclairer sur la nature profonde de ce conflit et de vous conduire aux raisons de sa logique d’irrésolution. Pourquoi existe-t-il un tel nationalisme basque ? Comment le terrorisme est-il devenu si familier aux paysages basque et espagnol ? A qui profite le terrorisme ? Un constat douloureux et écœurant mais qui témoigne de la sincérité du film. Bien que complet, il est regrettable qu’aucun membre du parti populaire n’est accepté de participer à ce documentaire. Cet angle essentiel aurait particulièrement mérité l’attention du spectateur, afin, entre autres, celui d’éclaircir la compréhension sur l’un des deux courants extrêmes du conflit.
Les lieux utilisés ont été efficaces pour la neutralité des témoignages. Sortant cette palette d’individus concernés par la même souffrance « basque »,
Julio Medem a vu juste quant au choix des décors, magnifique dans cette embellie rustique. La photographie, les vues aériennes ont leur importance pour appuyer l’intensité dramatique du sujet. Accordées avec la musique de Mick Loeba et les séquences de pelote basque présentes comme une chanson de film, l’univers est soigneusement articulé. Les effets posent davantage la part émotionnelle du sujet.
Néanmoins, on peut regretter que les témoignages soient un peu confus. Le documentaire compte près d’une centaine d’intervenants et, de ce fait,
Julio Medem expose sa volonté d’être percutant et très efficace pour l’accroche du spectateur. Seulement parfois, il semble que les tenants de ces différentes vérités soient difficiles à assimiler. Au-delà de cette faiblesse, la performance du montage équilibre l’ensemble du film. La volonté de neutralité de ce documentaire est véritablement mise en avant.
Un oeuvre réussie, portée sur la haine, mais qui défend soigneusement sa neutralité.
Nadège Fleury